La politique burundaise, chasse gardée des partis ou des coeurs avisés ?
Publié le 1er-09-2016 - à 10:50' par Francis Rohero


Monsieur Francis Rohero, auteur de ce texte aurait pu adresser ses réflexions au delà de l’arène politique burundaie que ses propos et opinions seraient actuels.


Réponse à une question d’un ami :
« Salut monsieur Francis, j’ai suivi avec plaisir votre émission sur la VOA et je garde des questions. Vous affirmez que vous êtes un homme social politique, mais que vous n’êtes pas fan de parti politique. Un indépendant peut être ? J’espère que je ne me trompe pas sur ce que j’ai entendu. Peut-on faire la politique sans parti ? Y a-t-il un inconvénient à faire un parti ? Quel enseignement voulez vous donner ? »

Merci cher ami pour ton intérêt à savoir ce qui se passe au Mouvement Orange. En effet nous sommes des hommes et femmes sociaux politiques. Nous causons ce qui se passe dans notre société et essayons d’y apporter des solutions. Et peu importe notre appartenance au groupe (parti, association, église, fonction, …), cette responsabilité incombe à tous les burundais.

Nous ne pensons pas qu’il y ait un inconvénient à faire un parti politique, seulement nous scrutons une habitude partisane que nous voudrions décourager parce qu’elle est source de malheur. Voyons-y clair !

Le Burundi compte à ce jour 44 partis politiques. Si vous écoutez ceux qui les dirigent vous n’en saurez jamais la différence. Soit ils sont au pouvoir soit à l’opposition, mais vous n’en saurez jamais le programme ou les nuances par rapport à tel ou tel autre sujet portant sur l’intérêt du peuple.

S’ils sont au pouvoir ils vous diront que tout va bien, s’ils sont à l’opposition naturellement tout ira mal. Même les questions techniques n’ont de réponses que selon le lieu où l’on se trouve. La sécurité, l’emploi, les salaires, la sécurité sociale, les soins de santé, la scolarisation, l’habitat, les prix des biens, … seront bien perçus pour certains et mal pour les autres. Même quand un seul membre change de parti, il voit tout de travers.

Ces partis politiques se concurrencent dans la population pour avoir des membres. Ce qui est une bonne chose, car il faudra participer à la lutte de pouvoir. Mais de quelle manière ?

On présente aux membres les couleurs du parti, les slogans, les chefs grâce à qui on aura la victoire prochaine, on fustige les ennemis à cause desquels on n’a pas eu ce qu’on voulait hier, on insiste sur les sanctions qu’aura un probable traitre, on crée un amour aveugle entre les membres et les chefs. Cet amour devient l’objectif ultime, et chaque membre adore son chef et non son pays sauf s’il les confond.

Les membres des différents partis deviennent automatiquement des ennemis, et pour l’amour du chef, ils sont prêts à tuer pour défendre leurs slogans. Pendant tout ce temps, cette population divisée en membres, n’a pas d’emploi, de nourriture, de soins, d’éducation, d’habitat, … et les chefs rivalisent pour leur offrir de la bière en guise de remerciement.

Malgré que certains soient suffisamment instruits, engagés au plus haut niveau dans des églises, possédant des richesses ou une puissance de position, … (donc pas seulement les non instruits et les pauvres) … cet instinct d’appartenance au parti politique a produit presque un lavage de cerveau, à tel point que les parentés, frères et sœurs, les vieux et les jeunes, les voisins et les collègues, … deviennent ennemis pour une petite distinction de parti. Ils ne discutent jamais sur leurs intérêts vitaux comme population, ils ne se posent jamais de question sur ce qu’un élu, peu importe son parti, pourra leur donner comme plu valu dans leur vie quotidienne, mais se lancent des injures juste pour un t-shirt et les slogans qui s’y trouvent.

La plupart des discussions dans nos débat entre nous les intellectuels, portent à cent pour cent sur cet amour de chef ou haine de chef, que sur ce que nous devenons chaque jour comme peuple, comme Nation qui doit se prendre en charge et offrir le meilleur à ses enfants. Alors sommes-nous sérieux ????

C’est pour cette raison que le Mouvement Orange s’est donné l’objectif de décourager cet appartenance, en incitant les burundais à savoir ce que font les partis politiques sans nécessairement prendre une carte de membre. De les écouter tous sans leur donner l’opportunité de dire que vous en êtes membres. De ne pas leur offrir un chèque en blanc que votre « vote » leur est garantie peu importe leur actions. Nous devons obliger les chefs de partis à cesser cet air de grandeur, de puissance à se vanter qu’ils ont la clé du succès puisqu’à aucune bêtise, nous ne pouvons les désavouer. La seule façon pour un chef de baisser la tête, étant qu’il ne soit plus sûr du soutient des membres tant qu’il n’aura rien fait pour leur épanouissement. Qu’ils soient au pouvoir ou à l’opposition, ces chefs jurent sur le nombre des cartes de membres distribués au lieu de jurer sur la pertinence des idées et des arguments qu’ils peuvent avancer sans honte. Illusion démocratique !!!

La force d’une démocratie ne réside pas en ce que le pouvoir soit bien établi, protégé et rassurant pour tous, MAIS en ce que le peuple ne puisse plus se laisser sombrer dans le chaos, lorsque pourrait surgir un pouvoir non conforme, faible ou dégradant.

Ainsi cher ami, notre enseignement se résume en ces mots. Les dix millions et plus de burundais tireront leur avenir meilleur dans une politique saine à base de programmes et non sur leur appartenance partisane. Nous devons hausser le niveau du débat public pour affronter nos problèmes sans nous détruire.

En formant le peuple contre une appartenance malheureuse aux partis politiques, pourrons prochainement donner naissance en ce peuple à des leaders qui formeront des partis à base de programmes et d’idéologies pouvant servir le développement national, sans quémander une allégeance populaire comme bouclier de survie économique. Le leadership recherché ici est porte-flambeau de solutions aux problèmes, et non des individus qui se cachent dans l’ignorance du peuple.

En attendant, le Mouvement Orange reste un courant de pensées pour offrir à la jeunesse, une nouvelle génération de leaders pouvant être constituée par des hommes et femmes politiques libres, indépendants, capables de faire renaitre dans ce pays, un sentiment d’amour pour la bonne politique, par un discours rassembleur constructeur de la Nation d’avenir pour tous. A bas la bassesse dans ce pays de nos ancêtres, que l’honneur et la dignité soient les références du bien être de tous.

Merci à toi pour ta question qui nous a permis d’être plus clairs.


Kwamamaza
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