L’IRDP se réforme pour mieux répondre aux exigences de la société rwandaise
Publié le 18-10-2016 - à 12:20' par Jovin Ndayishimiye


L’IRDP/Institut de Recherche et de Dialogue de la Paix aura fait une grande contribution à la renaissance d’un Rwanda épris de paix et des libertés démocratiques.

Créé en 2001, l’IRDP a mené à ce jour avec une autorité scientifique reconnue quelques 19 travaux de recherche en sciences sociales dont le corpus de recherche a réuni dirigeants et dirigés, acteurs de la société civile et rwandais de la diaspora.

Les thèmes démocratie et état de droit, histoire et conflit au Rwanda, le génocide des tutsi de 1994 mais aussi le phénomène lutte contre la pauvreté. L’IRDP va à l’encontre de tout défi auquel est confrontée la société rwandaise.

« L’IRDP est un institut indépendant poursuivant la mission de recherche strictement scientifique et de dialogue communautaire à travers les 40 écoles de débat dans les centres scolaires et universitaires et les groupes de discussion communautaires opérationnels dans chacun des districts administratifs du pays », a dit le prof Dr Eric Ndushabandi, le nouveau directeur de l’IRDP qui pour précision ajouté :

« Dans nos groupes de discussion, nous rassemblons les citoyens et les délégués des églises mais aussi les représentants à la base des institutions gouvernementales, celles de l’armée et de la police nationales. Par la méthode participative, nous instillons les gens à se libérer par la parole et à faire des critiques constructives sur les questions qui fâchent ».

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Qui est le Docteur Eric Ndushabandi, Directeur de l’IRDP

Dr Eric Ndushabandi, né en 1973 à Goma dans l’Est de la RDC, est d’abord un baccalauréat de Philosophie au Grand Séminaire de Buhimba, 1993, (Nord Kivu-RDC). Il rejoint en 1998 l’UNR (Université Nationale du Rwanda) où il termine major en Sciences Politiques en 2003 avec une grande distinction pour avoir écrit un mémoire :

« La problèmatique de la Gestion de la Mémoire du Génocide : Cas de Kigombe/Ruhengeri ». Le Mémoire d’obtention du grade de licence en question relève une certaine conflictualité des mémoires des citoyens qui ont des lectures différentes de leur histoire commune.

Eric fait un mastère en Relations Internationales à l’UCL (Université Catholique de Louvain) et publie une thèse : « Le Poids du Passé dans les relations internationales : cas des relations diplomatique France-Rwanda », 2009.

Il est consacré docteur en Sciences Politiques par l’Université Saint Louis de Bruxelles en 2012 après avoir défendu « La Politique de la Mémoire du Génocide au Rwanda au Travers du Dispositif Ingando ».

Il a longtemps alors occupé le poste de Vice doyen de la Faculté des Sciences Politiques et Administratives près l’Université du Rwanda jusqu’en juin dernier, date à laquelle il a été nommé Directeur de l’IRDP.

« Je suis d’un passé de crise identitaire. Ma vie d’enfance a toujours été une crise. Je me sentais Congolais. Ayant vécu à Goma dans un milieu complètement swahilophone, j’ai pris conscience de ma rwandité un peu tard vers les années 90 », a-t-il confié à ce journaliste montrant que tous ses travaux de recherche académique et même ce qu’il entreprend à l’IRDP est inspiré par cette quête identitaire positive.

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Cultiver la culture de la démocratie et de la liberté d’opinion

Le docteur Eric Ndushabandi apprécie le style de la méthode participative. Il croit qu’elle est la plus appropriée au Rwanda où les citoyens sont décidés à la prise de parole.

« Après le génocide des Tutsi de 1994, les relations interpersonnelles ont été durement affectées créant ainsi une crise de confiance et une suspicion mutuelle entre voisins vivant dans un même patelin. Ainsi, depuis 2001 l’Institut mène des recherches impliquant les citoyens de tous les horizons animant ainsi un processus de transformation sociale dans la recherche de solutions ayant l’objectif de prévenir de futurs conflits »,

lit-on dans un prospectus de l’IRDP qui proclame sans ambages les valeurs essentielles qui gouvernent toute recherche de l’IRDP à savoir le dialogue, la participation populaire, le respect de la diversité, la neutralité et l’objectivité mais aussi l’esprit d’indépendance ; valeurs si, tout est égal par ailleurs devraient faire poindre la culture populaire de la démocratie dans un Rwanda qui se remet durement des séquelles du génocide des Tutsi de 1994.

« Quand, après la rédaction du rapport de recherche, nous retournons à la base communautaire pour restitution, nous produisons, caméra à l’appui, des opinions les plus fortes pour bousculer la société. La libération de la parole populaire a été ainsi construite progressivement depuis que l’IRDP existe en 2001. Nous allons plus loin. Nous aiguillonnons la société civile rwandaise à entrer en partenariat responsable, respectueux et constructif avec les pouvoirs publics », a dit le Docteur Eric Ndushabandi qui ajoute :

« Il y a eu une évolution sensible de la société rwandaise depuis lors. Actuellement, le Gouvernement rwandais est soucieux de l’ « accountability ». Il cherche des hommes et des femmes qui lui disent ce qui ne va pas dans la société avec des faits inattaquables sur base de recherche scientifique », a dit Ndushabandi qui rapporte en passant le fait que dans la plupart des fora auxquels il participe, les autorités ministérielles et autres parlementaires ont cette préoccupation de savoir la vraie cause des problèmes sociaux que vivent les citoyens.

IRDP- Think Tank respecté et sollicité
Les autorités civiles rwandaises sont respectueuses des travaux de l’IRDP qu’elles trouvent parfaitement crédibles. En effet, IRDP a des allures d’un Think Tank qui est venu tôt répondre aux besoins d’une société tombée en faillite en 1994 où il n’était pas capable de réappropriation de la parole pour un citoyen qui se culpabilisait du mal qu’il a vu se commettre sur son voisin.

Les chercheurs à l’IRDP sont conscients que pour reconstruire la nation rwandaise par le biais de la culture démocratique, la libération de la parole et l’accès aux droits d’association politique responsable, il faut un espace de débat public ouvert avec des outils de travail rationnels.

Pour ce faire, l’IRDP ambitionne de créer une université des Aînés qui organisera des sessions mensuelles où les gens discuteront de tous les défis auxquels fait face la société rwandaise pour aller même au-delà des frontières nationales dans un élan de souci d’analyses pour l’épanouissement du citoyen rwandais.


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