Pauvreté d’hygiène des boucheries de Kigali menace la santé des consommateurs

Redigé par NDJ
Le 19 janvier 2018 à 08:54

Le Ministère de l’Agriculture et Elevage (Minagri) annonce sa décision de devoir fermer certaines boucheries de la ville de Kigali pour non conformité aux normes d’hygiène.

Elles sont 7.8% des boucheries éparpillées dans la ville de Kigali à devoir fermer pour de bon leurs portes pour être situées dans des lieux non autorisés, ainsi que le révèle une étude menée en 2017 sur 114 boucheries de la ville.


Des boucheries qui doivent fermer leurs portes sont situées à côté des salons de coiffure où volent des poussières de cheveux qui se posent sur les quartiers de viande suspendus sur leurs crochets, d’autres sur des routes poussiéreuses.

L’étude a soulevé une autre inquiétude comme quoi seules 34% de ces boucheries vendent de la viande fournie par des abattoirs agréés officiellement, celles de Nyabugogo et de Kabuga. Ce qui veut dire que 66% de la viande vendue dans les boucheries de la ville de Kigali est d’origine inconnue, donc non sûre.

"Nous avons, dans notre inspection, fermé certaines boucheries qui étaient jugées dangereuses pour la santé des consommateurs. D’autres ont écopé des amendes. Au cours de notre inspection, il a été question de certains endroits qui servaient d’abattoirs improvisés, la plupart de fois abattant le bétail volé. Ces fameux abattoirs consistent à dérouler des feuilles vertes de bananiers sur lesquelles ils dépècent le bétail abattu. Or cela est contraire aux normes d’hygiène. ça doit être éradiqué. Cela a un impact négatif sur la santé des consommateurs", a dit Mme Béa Uwumukiza, Directrice du département Inspection près le Minagri qui parle de tolérance zéro contre ces abattoirs improvisés, contre le dépéçage et vente de viande d’un bétail mort de maladie.

Les bouchers veulent bien suivre les directives du Minagri mais ils se plaignent de certaines exigences qui sont au delà de leur capacité dont l’achat de la ciseleuse, une machine qui coupe les quartiers de viande et qui coûte 1.2 millions de francs (1.400$).

"Pensent-ils que les bouchers de la ville de Kigali ont la même capacité financière de s’équiper d’une telle machine ?", a dit, rebelle, Léonidas Ntawizera, un boucher du quartier périphérique nord de la ville de Kigali, aux confins avec la partie rurale du district de Gasabo.

Les officiels de la ville sont, quant à eux catégoriques. On ne badine pas avec la vie des gens, a confié Félix Bayavuge, vétérinaire de District urbain de Nyarugenge. "Imaginez un boeuf malade abattu en cachette, donc non examiné médicalement avant sa consommation par un vétérinaire. Imaginez les ravages qu’il peut causer sur plus de cinq cents personnes qui se le départageront au cas où il a des maladies contagieuses", s’est ainsi posé la question Félix Bayavuge avant de décider :

"Un tel boucher qui achète et vend de la viande d’origine inconnue doit être empêché d’empoisonner les consommateurs. On n’a pas à discuter sur ce sujet", a dit Félix.

L’enquête menéepar le Minagri aura relevé d’autres imperfections dont le fait que une boucherie répondant aux normes d’hygiène doit avoir un espace de 20 mètres carrés. Or 24.5% de ces boucheries n’ont pas cet espace.

Mais des conditions d’hygiène pour les boucheries sont dures et n’acceptent pas de gens qui s’improvisent du jour au lendemain bouchers. Aussi l’enquête a-t-elle révélé que seuls 57.8% de boucheries sont équipées de balances appropriées au métier, que 94.7% ont des chambres froides mais que seules 60.1% de ces boucheries sont équipées d’armoires en verre exposant l’assortiment de viandes commercialisées.

L’enquête a révélé que seules 22.3% de ces boucheries disposent de ciseleuses, les machines qui coupent les quartiers de viande. Pour dire que les 77.7% de boucheries dans Kigali recourent aux morceaux d’arbre sur lesquels ils étendent les dits quartiers de viande pour les couper à la machette ; usage qui est formellement interdit par le ministère.

Mais combien de boucheries disposent-elles de ventilateurs permettant de chasser la mouche qui tente de se poser sur les quartiers de viande exposés ? Elles sont 47.7 %. On a aussi relevé que la présence d’éviers dans les boucheries pour permettre aux bouchers de se laver les mains est de 62%.

Enfin, Combien de bouchers sont-ils contrôlés medicalement ? Seuls 28.9% se sont conformés à cette exigence du ministère.

En conclusion, on peut facilement dire qu’il y a un long chemin à parcourir pour que les Rwandais comprennent que se conformer aux normes d’hygiène pour les bouchers revient à protéger les consommateurs mais aussi à se protéger soi-même contre toute conséquence possible venant du consommateur qui développerait une maladie subite et accuser le boucher de lui avoir fourni de la viande avariée ou conservée dans des conditions déplorables.


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