Nyabugogo:Marchands à la sauvette posent des conditions pour s’établir

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 25 août 2017 à 12:39
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Nyabugogo, Gare routière, Porte sud de Kigali, et ses alentours.
Des marchands à la sauvette sont presque ou légèrement peu nombreux que les voyageurs. Depuis qu’un édit de la Mairie de la ville de Kigali a décidé que le commerce à la sauvette est illégal ; les mendients, les délinquants et vagabonds étant strictement interdits dans la ville et que tout ce monde est pris indistinctement pour des centres de correction et d’apprentissage de métiers dont IWAWA, île du lac Kivu ; ces marchands à la sauvette demandent de s’asseoir avec les autorités de la Ville de Kigali pour faire entendre leurs raisons et les conditions qu’ils posent pour établir leurs fonds de commerce dans des espaces fixes.

Dur métier de marchand à la sauvette : prohibé par la loi, des brutalités des agents de l’ordre s’en suivent. Ici Gare routière de Nyabugogo.
Ils se sont confiés au journal Umuseke pour déclarer qu’ils n’ont aucun intérêt à ne pas se conformer aux lois et instructions de la ville.

“Nous souhaitons recevoir du gouvernement des fonds de subvention nous permettant de nous installer définitivement quelque part et oublier pour de bon ce commerce ambulant”, ont-ils confié à Umuseke disant préférer ne pas aller au delà du périmètre du quartier alentour de la Gare Nyabugogo qu’ils maîtrisent bien.

En effet, ils ne sont pas prêts de lever le camp et oublier cette activité qui assure leur survie au quotidien. En attendant que les pouvoirs publics satisfassent à leurs demandes, ils ont changé le modus operandi. Ils ne font plus la criée. Les marchandise qu’ils font circuler ne sont plus exhibées à tout passant. Ils sont dans des sacoches qu’ils portent sur leurs dos. Ils chuchotent à l’oreille d’un passant pour lui proposer les marchandises bien cachées dans le dos, une façon toute trouvée pour tromper la vigilance des agents de l’ordre dits DASSO (District Administrative Security Support Officers).

Yvonne Nyirabagenzi, une marchande à la sauvette, trouve que les measures de traque contre eux ont été renforcées. “La consequence ? Beaucoup de banditisme”, a-t-elle dit car apparemment cette activité a été sérieusement combattue avec des forces énormes.

“Au vu qu’ils m’ont déclaré indésirable dans cette gare de la Nyabugogo, il ne me reste pas d’autre choix que celui de profiter de l’inattention d’un homme/femme riche pour lui prendre ses biens de valeur”, a-t-elle ajouté trouvant impossible de se voir offrir une place de marché alors qu’en tout et pour tout “j’achète un soulier et un seul pour mille francs que je fait circuler pour le revendre un peu plus. Est-ce avec ce millier de francs que je pourrair ouvrir un fonds de commerce ?”.

Pour elle, sans contredit, il y aura beaucoup de délinquants et de vagabonds à cause de cette décision de déclarer illégal le commerce à la sauvette.

“Jamais, dépourvue d’habit pour me mettre, je ne vais pas ne pas prendre en me cachant l’habit au séchoir de mon voisin”, a-t-elle ajouté.

Combien sont-ils ces marchands à la sauvette dans la gare de Nyabugogo ? Des gens estiment qu’ils avoisinent les 3.000. Qui sont-ils ?
Umuseke a tendu le micro à une jeune dame dénommée Dativa Niyomufasha, une habituée de la Gare Nyabugogo. Celle-ci trouve que le chômage frappe de plein fouet la jeunesse qui termine ses etudes, que celle-ci préfère se jeter dans le petit commerce pour survivre et déguiser son chômage.

Une marchande à la sauvette prise en flagrant délit par les DASSO

Elle fait ausi allusion aux places coûteuses offertes dans le nouveau marché des fruits et légumes aménagé à côté de la Gare Nyabugogo par la mairie du District Nyarugenge afin de pouvoir diminuer toute une armée de marchands à la sauvette.

“Les marchands à la sauvette qui ont pu s’installer dans ce nouveau marché, ils ont les moyens. La petite parcelle leur donnée d’environs deux mètres carrés coûte cher en terme d’impôts. Moi, je ne peux pas y étaler mes tomates crues et pouvoir payer toutes les taxes qui te sont demandées à la fin d’une période donnée. Non. Je crains que des gens ayant les moyens se substituent aux veritable pauvres marchands à la sauvette. En effet tout le monde a les yeux braqués sur ce business qui est lucrative”, a confié la dame montrant que sans être subventionnées les mamans trimbalant leurs panniers de salads et de fruits pour élever leurs petits ne peuvent pas avoir un capital initial suffisant pour s’établir.

“Les autorités du district devraient faire une bonne organization et étudier au cas par cas ces marchands à la sauvette à établir et les traiter dans des categories différentes selon les moyens qu’ils ont. Ceux qui ont des faibles moyens, ils devront bénéficier d’espaces moins coûteux mais ils doivent en avoir pour ne pas constituer une armée de bandits et de petits voleurs”, a-t-elle ajouté.

Même son de cloche pour un certain Karambizi, Technicien électronicien de son état, rencontré à Nyabugogo, recommande aux autorités de la mairie de regrouper ces marchands à la sauvette dans des coopératives.

“Il faut par ailleurs ajouter qu’il s’agit d’un programme d’assistance social qui doit être bien pensé. Il ne sert à rien de donner à quelqu’un des outils insuffisants et penser qu’il sera utile à la nation en émergeant sérieusement pour être un contribuable important dans l’Office des Recettes, la RRA.

Une dame arrêtée dans la gare de Nyabugogo pour avoir acheté les marchandises d’un marchand à la sauvette.
“Le service social de la Mairie du district fait de grands sociologies du développement et du changement de comportement social devrait ouvrir des dossiers pour chaque marchand ambulant et faire le monitoring et le suivi nécessaires. Ecouter ses doléances et le lieu préféré où il peut établir son fonds de commerce. Débloquer de petites sommes d’argent pour lui au cours d’une cérémonie officielle pour dire à ces beneficiaires qu’il s’agit de l’argent du contribuable qui leur est distribute, qu’ils doivent être très actifs et eux aussi entrer dans le secteur formel”, a confié ce sociologue qui a voulu garder l’anonymat.

En clair, tout le monde s’accorde à dire que l’usage de la brutalité observe par les agents de l’ordre à l’encontre de ces marchands à la sauvette est tout à fait déplacé, qu’il y a des methodes de consultation très efficacies et qui ne sont pas exploitées.


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