IGIHE.com \BB Tourisme
« L’armée française veut prendre de vitesse les islamistes »
Publié le 30-01-2013 - à 18:55' par Libération

Les armées françaises et maliennes contrôlent Gao et Tombouctou et ont pris possession de l’aéroport de Kidal, la dernière grande ville du Nord-Mali qui leur échappait. Thomas Hofnung, notre envoyé spécial, a répondu à vos questions.

Des soldats maliens entrent dans la ville de Tombouctou, le 28 janvier 2013 (Photo Eric Feferberg. AFP)

Nicolas. Il semblerait que les armées française et malienne soient arrivées à Kidal, savez-vous si elles ont rencontré des résistances ?

Thomas Hofnung. A l’heure qu’il est, nous savons que l’armée française a pris le contrôle de l’aéroport de Kidal. Les Maliens ne sont pas dans la boucle, pour le moment. En revanche, les forces tchadiennes sont en passe d’arriver sur la ville pour la sécuriser, aux côtés des troupes françaises. L’armée française reste très discrète sur l’intensité des combats, comme d’habitude.

Lydia. Les villes tombent les unes après les autres sans beaucoup de résistance, mais où sont donc passés les islamistes ?

T. H. Effectivement, les soldats français n’ont rencontré jusqu’ici qu’une faible résistance de la part des groupes jihadistes. Il semble que ces derniers aient choisi, depuis le début de l’opération Serval, d’éviter l’affrontement direct avec une force très bien équipée. Où sont passés ces combattants ? Il se pourrait que les opérations sur Kidal soient liées à la volonté de Paris de prendre de vitesse les jihadistes. Notamment, pour les empêcher de se réfugier dans le massif de l’Adrar des Ifoghas (au nord est du Mali), très difficile d’accès.

Vincent. Pouvez-vous circuler librement dans Gao ? Des mesures de sécurité vous sont-elles imposées ? Lesquelles ?

T. H. Le centre de Gao a retrouvé une apparence paisible. Mais le soir venu, la ville est sous couvre-feu. Par ailleurs, selon l’armée française, des éléments liés aux groupes jihadistes se dissimulent vraisemblablement dans certains quartiers périphériques. De même, il est déconseillé de circuler dans certaines zones le long du fleuve Niger, où les forces françaises soupçonnent des jihadistes de s’être réfugiés. La situation sécuritaire n’est donc pas totalement réglée.

FMJ. Quand allons-nous enfin parler des Touaregs comme d’un peuple qui vit dans cette région, à cheval sur les frontières, et qui en a ras-le-bol de voir passer le développement sans qu’il s’arrête, que ce soit à Kidal ou à Agades ?

T. H. Les Touaregs sont en réalité très présents dans la réflexion des diplomates. Il est clair qu’il n’y aura pas de solution au conflit du Nord-Mali, et plus largement dans le Sahel, sans une politique d’intégration et de développement ambitieuse et crédible. Pour Paris, la guerre devra impérativement être suivie par un processus de dialogue entre toutes les composantes du Mali. Sinon, l’opération Serval se soldera par un échec.

Amadouetmariam. Quelles sont les principales difficultés pour les journalistes sur place ?

T. H. La principale difficulté c’est d’accéder aux zones de combat. L’armée française va très vite et n’emmène pas les journalistes avec les forces spéciales. Par ailleurs, les autorités maliennes dressent des barrages sur les routes pour bloquer l’accès à ces zones. Dans ces conditions, la presse n’a pas le choix : elle ne peut accéder aux zones libérées de l’emprise des islamistes que sur les talons des militaires français. C’est-à-dire après un certain délai. Par exemple, je suis arrivé à Gao lundi soir, soit deux jours après la prise de la ville par l’armée française, et j’espère pouvoir accéder à Kidal demain, au mieux.

Berthe. Les forces maliennes soutenues par les forces africaines sont-elles prêtes à prendre le relais ?

T. H. Les forces maliennes et africaines sont déjà sollicitées pour prendre le relais à Gao, et on sait que ce sont les forces tchadiennes qui contrôlent la ville de Ménaka. Paris semble compter beaucoup sur l’expérience des Tchadiens. D’après ce que l’on voit dans les rues de Gao, l’armée malienne manque cruellement de moyens.

Kidal. Avez-vous eu des témoignages sur les exactions (supposées ?) de l’armée malienne ?

T. H. Non, en tout cas pas à Gao. Ici l’armée malienne a été déployée, au contraire pour empêcher que certains habitants ne règlent leurs comptes eux-mêmes. Mais l’armée française veille au grain. Nulle n’ignore qu’au sein de la défense malienne certains partagent la soif de revanche de ces habitants. D’ailleurs, j’ai rencontré de nombreux habitants qui se disent rassurés par la présence des forces étrangères, qu’elles soient françaises ou africaines.

Blb. On parle peu du gouvernement malien. Qu’en est-il ? Que fait-il ?

T. H. Effectivement la parole reste aux militaires pour le moment, mais dans le même temps, des diplomates font pression pour que les principaux acteurs politiques maliens se mettent d’accord pour l’organisation d’élections. La situation politique à Bamako reste extrêmement fragile, avec un président par intérim isolé, et sans réel pouvoir. Et un capitaine Sanogo, le chef des ex-putchistes muré dans le silence, mais qui n’en pense pas moins.

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

AMATEGEKO AGENGA IYANDIKA RY'IGITEKEREZO CYAWE:
Witandukira kubijyanye n'iyi nkuru; wikwandika ibisebanya, ibyamamaza cyangwa bivangura; wikwandika ibiteye isoni,
Wifuza kubona byihuse ibivugwa/ibisubizo ku gitekerezo cyawe, andika email yawe ahabugenewe.
Igitekerezo cyawe kigaragara nyuma y'isuzuma rikorwa na IGIHE.com
Ibi bidakurikijwe igitekerezo cyanyu gishobora kutagaragara hano cyangwa kigasibwa, Murakoze!