Des média légers contre la levée de taxes insupportables des ménages rwandais

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 9 novembre 2017 à 12:40

Est-il vrai que les citoyens se lamentent contre une levée de boucliers des autorités de base très actives dans la levée de lourdes taxes (de collecte et transport des immondices et hygiène publique, de sécurité et autres) pour réaliser les promesses faites lors de la signature des contrats de performance annuels ?


Le journal en ligne Makuruki du 11 octobre 2017 rapportent ces plaintes montrant que le pouvoir d’achat s’effrite dangereusement quand ils sont pressés de se conformer au payment de ces taxes.

“Les districts font tout ce qui est en leur pouvoir pour nous prendre notre argent. Ils nous menacent de sanctions non necessaires. Les gens qui amènent leurs marchandises dans les marches publics de districts se font taxer à la vente. C’est ce qui fait que les prix caracolent sur tous les produits de consommation courante”, rapporte Makuruki citant un certain Jean Damascène Nzambaza interrogé par The East African.

Ce citoyen ne comprend pas pourquoi ne pas stabiliser les prix d’items de consommation courante. Il donne un exemple très actuel, celui d’une augmentation régulièment rapide de prix d’un camion benne plein de moelon de construction. “Il coûtait 43.000 francs l’an passé. Il vous est actuellement livré à 53.000 francs”, s’est-il révolté ne comprenant pas que ce phenomène est une résultante de beaucoup de causes y compris le fait que la production intérieure n’est pas satisfaisante par le fait que la plupart des ménages ne changent pas encore les mentalités pour se tourner résolument vers l’économie de marché.

Des plaintes citoyennes peu critiques

Makuruki insiste sur la prise en compte des plaintes de petits contribuables rwandais qui trouvent que les responsables des districts s’acharnent à lever de plus en plus d’impôts et taxes, passant de 200 à 320 millions de francs par trimester pour atteindre les objectifs-promesses signés dans leurs contrats de performance oscillant entre 800 millions et deux milliards de francs.

“Les informations en notre possession témoignent des efforts d’élargissement de l’assiette fiscal au lieu de monter les enchères des taxes et impôts”, rapport le journal Makuruki montrant que les stratégies des experts économistes rwandais procèdent d’une sorte d’extension de la culture de l’impôt et taxes à toutes les couches de la communauté rwandaise.

Une nouvelle culture autrement exigeante, des moyens en défaut
Les autorités des instances de base bousculent des mentalités traditionnelles fortement ancrées autour d’une économie de subsistence, laquelle économie fuit la culture de l’impôt. Si certains observateurs compatissent sur le sort des ménages des classes sociales pauvres obligées de payer une taxe sur un régime de banane, une poule ou une chèvre qu’ils amènent au marché, il faut par contre que ces medias vérifient si l’encadrement de ces derniers est assez suffisant pour qu’ils produisent davantage afin d’alléger le poids de ces taxes.

En clair, il faut se poser la question de savoir ce que pourrait faire un seul agronome d’un secteur administrative légèrement petit par rapport à l’ancienne division administrative communale. Quand bien même il n’y en a qu’un seul ou deux, a-t-il des moyens de s’adonner à ce travail d’encadrement des petites fermes agricoles et d’élevage pour enseigner de nouvelles techniques culturales et d’élevage plus porteuses ?

Trop d’impôts tuent l’impôt
La nouvelle politique industrielle rwandaise tournant autour de Made in Rwanda a compris qu’il faut une nouvelle reorientation de la politique agricole. Si le Rwanda a opté pour le charroi zero dans son administration central et ses instances décentralisées, cet état d’esprit ne devrait pas s’appliquer sur l’ensemble du secteur agricole qui doit se transformer au niveau de chaque ménage.

“Il s’avère d’une urgente nécessité de voir les fermiers rwandais très appuyés au niveau de chaque ménage par des agronomes patentés et idéologiquement proches des classes populaires. Les agronomes que nous souhaitons avoir doivent se comporter comme des missionnaires ; ceux-là qui peuvent montrer qu’un fermier agricole peut se départir en un rien de temps de son habit de pauvreté structurelle.

N’a-t-il pas un 20 sur 30 mètres d’espace où il vit ? Utilise-t-il assez cet espace pour pouvoir, en travaillant avec les banques et bien encadré par un agro vétérinaire, gagner juste assez de quoi lui permettre d’entrer dans l’économie de marché avec sa volaille, ses porcs, ses lapins, ses champignons… ? Non ! Le secteur agricole, qu’on ne nous trompe pas, il n’est pas du tout solidement encadrer”, a confié cet ex- Sénateur très critique de voir des habitations modernes spontanées sur des villages ruraux propices à l’activité culturale intense par le fait qu’ils sont à proximité des villes.

“Ici, Rugobagoba, Mugina, sur la route Kigali-Muhanga, là Rugende, Muyumbu, Nyagasambu…sur la route Kigali-Kayonza, pour ne citer que ceux-là, les maisons d’habitations modernes ne sont pas regroupés. C’est l’initiative individuelle de propriétaires aisés de ces parcelles qui fuient la ville. Pourquoi l’autorité locale ne decide-t-elle pas de regrouper ces habitations pour mettre en commun tous ces espaces culturaux et en faire des projets agricoles ou d’élevage pouvant porter des profits faramineux face à une demande en produits vivriers de plus en plus pressante ?”, s’est demandé le Sénateur montrant que la question actuelle est très inquiétante car, dans l’avenir, outré le fait qu’on devrait interdire de construire de façon anarchique volant ainsi des terres arables, il faudra penser à regrouper les ménages de mêmes categories sociales dans des construction en hauteur afin de libérer plus d’espaces agricoles sécurisés et les exploiter de façon judicieuse.

Renforcer le pouvoir d’achat des menages

Comme qui dirait : la revolution des mentalités rurales ne suit pas automatiquement les mirages des centres urbains. Et pour cause ? Des budgets agricoles votés par le parlement peu suffisants, une volonté politique agricole officielle qui ne suit pas ; les gros efforts étant consentis au secteur touristique, à la production énergétique et construction des centres urbains.

Que faut-il pour que les ménages ruraux contribuent-ils par des taxes au développement du pays ? Ils n’attendent qu’être guidés pour mieux produire et verser des taxes. Pour cela, un budget annuel consistant alloué à l’agriculture pour payer au moins un agronome expérimenté et acquis à la cause, un pour 200 ménages. Et ils chôment en surnombre.


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