IGIHE.com \BB Economie
Burundi-FAO : Pour pouvoir nourrir une population en augmentation
Publié le 14-11-2016 - à 16:55' par igihe

Bujumbura : Pour pouvoir nourrir une population en augmentation sans cesse croissante, il faudrait non seulement arriver à produire plus mais aussi de façon efficiente et durable."Il faudrait arriver à utiliser moins d’intrants et produire plus", a déclaré Dr Matthias HALWART, Coordinateur Principal du Programme de Développement de l’Agriculture Durable au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

Selon lui, le véritable défi ne réside pas dans l’augmentation de la production, mais plutôt celui de pouvoir le faire dans un contexte de changements climatiques et de dégradation constante des ressources naturelles telles que les terres fertiles, l’eau douce et la biodiversité.

Au Burundi, un pays où la population est en pleine expansion et où les superficies des terres cultivables sont de plus en plus limitées, l’amélioration de la production agricole devra se focaliser d’avantage sur des systèmes basés sur l’intégration et l’utilisation efficiente des ressources au lieu de continuer à rechercher de nouvelles terres arables.

La FAO, en collaboration avec le Gouvernement du Burundi avec l’appui financier du Royaume de Belgique a récemment conduit avec succès un projet du genre dans la province de Mwaro.

Le projet « Appui à l’intensification durable de l’agriculture en suivant un processus d’intégration des disciplines et des ressources » qui a travaillé sur les bassins versants de Magamba, Nyakibari et Muyebe en province Mwaro a obtenu des résultats fort encourageants.

"En effet, à travers l’approche Champs Ecoles de Producteurs (CEP également appelés FFS), une méthode d’éducation non formelle des agriculteurs,le projet a aidé les habitants de ces bassins versants à mieux gérer et à tirer un meilleur profit de leurs exploitations agricoles", a soulignéDr Mohammed HAMA GARBA, Représentant de la FAO au Burundi.

Des approches intégrées existent là où la planification et la prise des décisions entre différents acteurs sont réalisées ensemble afin d’améliorer la gestion des ressources tant humaines que naturelles. De nouvelles approches intégrées comme celle qui a été développée dans ce projet sont plus holistiques et peuvent être la clé pour un avenir durable.

Plusieurs innovations technologiques ont été introduites dans la zone d’action grâce à l’appui du projet et à la participation active des bénéficiaires.

Les technologies introduites englobent notamment le traçage des courbes de niveau, la plantation des herbes fixatrices et des légumineuses agroforestières pour la lutte contre l’érosion, la fertilisation du sol et la production du fourrage, la plantation des bambous pour la re-végétalisation et la stabilisation des berges des rivières, les micro-jardins et les infrastructures de collecte et de stockage de l’eau de pluie en appui aux programmes d’éducation nutritionnelle et d’hygiène en milieu scolaire, les techniques améliorées de compostage, la myciculture, la pisciculture intégrée au petit élevage et bien d’autres techniques ayant des effets bénéfiques cumulatifs lorsqu’elles ont utilisées en synergie.

Un des exemples les plus frappants est celui de la culture du maïs. En effet, 4 CEP de Mwaro ont cultivé en saison 2016A une variété améliorée de maïs sélectionnée pour son cycle court, son adaptation aux conditions climatiques et son rendement supérieur.

Avec cette variété, la production de maïs a plus que doublé. De surcroît, les CEP sont parvenus à valoriser les rafles, les tiges et les feuilles de maïs. En effet, après la récolte et l’égrenage du maïs, les rafles ont été séchées, découpées en petits morceaux puis utilisées comme substrat pour la culture des champignons pleurotes.

« Le rendement obtenu est très intéressant bien que légèrement inférieur à celui du coton, le substrat le plus couramment utilisé au Burundi pour la production des champignons, a indiqué Isaïe Ndayirukiye, membres des CEP. « Les champignons produits sont délicieux, nutritifs en même temps qu’ils génèrent des revenus aux membres des CEP », a ajouté Anastasie Ntahobatankura, un autre membre des CEP.

Les tiges de maïs, quant à elles, ont été utilisées comme tuteurs pour le haricot volubile, tandis que les feuilles ont été mélangées avec d’autres résidus des récoltes et servi de biomasse pour le compostage.

En prenant en compte les liens qui existent entre les différents secteurs, il est possible d’optimiser l’utilisation des ressources tout en visant aussi bien le développement durable que la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

En effet, la diversification des activités génératrices de revenus comme, par exemple, l’intégration de la pisciculture et de l’élevage porcin, la production des cultures orientées vers le marché comme les légumes, les champignons, a été en même temps pour les agriculteurs un moyen d’obtenir des revenus supplémentaires et d’améliorer leur accès aux protéines, vitamines et minéraux dont ils avaient tant besoin.

Dans l’ensemble, les activités menées par le projet FMM/GLO/112/MUL de la FAO dans la province de Mwaro ont permis d’améliorer aussi bien la production vivrière que les moyens d’existence d’environ 1.200 ménages regroupés au sein de 40 CEP et répartis sur une superficie d’environ 200 ha avec des perspectives encourageantes pour plus d’amélioration.

avec rnanews.com


Kwamamaza
Commentaires

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Ne vous eloignez pas du sujet de discussion; Les insultes,difamations,publicité et ségregations de tous genres ne sont pas tolerées
Si vous souhaitez suivre le cours des discussions en cours fournissez une addresse email valide.
Votre commentaire apparaitra apre`s moderation par l'équipe d' IGIHE.com
En cas de non respect d'une ou plusieurs des regles d'utilisation si dessus, le commentaire sera supprimer. Merci!