Une mendicité à Huye s’amplifie en l’absence de programmes d’assistance appropries

Redigé par NDJ
Le 31 décembre 2017 à 09:43

L’opinion publique est médusée sur l’ampleur que prend le phénomène de la mendicité dans la ville universitaire de Huye/Butare, au Sud du Rwanda. Ici, contrairement à Kigali, la capitale où on ne voit pas du tout de mendiants sur les rues passantes, Butare offre une image hideuse avec des mendiants qui font faction devant hôtels, motels et restaurants. Ils vont même jusqu’à faire le mort sur les voies passantes pour attirer la compassion des passants de bonne volonté.

Ils sont dans la fleur de l’age. Entre 30 et 35 ans. Ils sont potentiellement actifs. Choisissent-ils la voie paresseuse de vivre en l’absence de programmes d’assistance particuliers a eux surtout que ce phenomene est aussi vieux que la ville de Butare ?

« Nous n’en savons pas la cause. Ils envahissent tous les lieux publics. C’est comme si cette mendicité est devenue structurelle. On voit une mère s’accompagner de deux ou trois nourrissons (3 à 6 ans) qu’elle dirige sur les lieux publics à la quête de l’aumône. Des fois ces mères lâchent leurs enfants qui entrent dans des hôtels. Nous les voyons entrain de demander de l’argent aux clients », a confié au journal en ligne Umuseke Spéciose Mukamusoni, une habitante de Huye et voisine d’un motel Umunyinya Guest House.

“D’autres mendiants sont très ruses. Ils font le mort sur la voie publique pour attirer la compassion des gens de bonne volonté qui leur donnent de l’argent », a dit un autre habitant de Huye sous couvert d’anonymat. Il craint que les autorités de Huye ne soient pas assez responsables pour résoudre ce défi autant que cela a été pour la ville de Kigali qui a éradiqué ce phénomène de mendicité et de petits marchands ambulants.

« Il n’est pas facile de cibler les mendiants. Des fois pour mieux mendier en faisant le tour des habitations, ils disent être à la quête d’emploi. D’autres savent qu’ils peuvent être arrêtés par des agents de maintien de l’ordre qui circulent partout. Quand ils les voient, ils se rabaissent faisant semblant de couper de l’herbe pour bétail, le temps de voir passer ces agents et refaire le pâté de maisons à la quête de ‘l’aumône », a confié la Vice-Maire Affaires Sociales, Niwemugeni.

Somme toute, on se demanderait si la question est de réprimer cette infraction avant d’en analyser les causes et de proposer des solutions durables.
A-t-on pensé à ce phénomène de mendicité dans la ville universitaire de Butare vieux depuis l’époque de l’indépendance ? A-t-on approché ces mendiants pour leur proposer des programmes d’assistance particuliers afin de les accompagner dans le dépassement de cette situation ?

« Un autre phénomène pendant à celui-ci. C’est la cueillette en cachette de cultures dans les champs d’autrui pour pouvoir nourrir ses enfants », a confié la Vice Maire au journal Umuseke montrant que ce phénomène de la mendicité est étroitement lié à une pauvreté, elle aussi ayant une connotation de paresse ou, pire encore, d’ignorance de méthodes plus porteuses de travail de son petit lopin de terre.

“Nous pensons qu’un telle question de mendicité dans la ville de Butare devrait être autrement solutionnée. Dans une petite ville comme celle-là, il y a moyen de savoir ces gens-là, de les réunir et de réfléchir ensemble sur les voies et moyens de sortir de cette misère de mendicité. Mais cela est une affaire de bons sociologues. C’est une question qui procède par le changement profond d’attitudes et de mentalité. Et puis les pouvoirs publics devraient suivre de très près ces débats et fournir des agronomes et vétérinaires pour un suivi de ce qui sera sorti de ces discussions qui ne sont orientées que vers une exploitation très essentielle de son petit lopin de terre ou de son enclos », a dit un économiste agricole qui n’a pas voulu décliner son nom.
Texte inspire du texte kinyarwanda de Umuseke portant titre : "Huye : Abasabiriza basigaye bajya no mu mahoteli gusaba abarayemo".


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