Tunisie : premiers témoignages publics de l’instance Vérité et Dignité

Redigé par igihe
Le 18 novembre 2016 à 01:36
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« Une journée à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la Tunisie ». Ce sont les mots de Sihem Bensedrine, la présidente de l’IVD, l’instance Vérité et Dignité, en charge du processus de justice transitionnelle. Cette commission a organisé jeudi soir les premières auditions publiques de victimes de la dictature. En direct à la télévision, pendant quatre heures, des victimes ont témoigné lors d’une soirée historique. Objectif affiché ? Redonner une voix aux victimes.

Pendant de longues minutes, les victimes racontent la disparition forcée d’un mari, dont le corps n’a toujours pas été retrouvé depuis les années 90, époque de Ben Ali, elles racontent la mort d’un fils pendant la révolution de 2011, mais aussi l’emprisonnement, la répression ou la torture subie systématiquement par Gilbert Naccache, écrivain tunisien, militant de gauche, arrêté sous l’ère Bourguiba. « La police au lendemain de l’indépendance ne connaissait qu’une méthode de travail : la torture. C’est tout. Incapacité totale de suivre une piste de chercher des indices, etc… »

Au fil des auditions, l’émotion submerge parfois certains spectateurs. Ibtihel Abdelatif, membre de l’instance Vérité et Dignité, ne peut s’empêcher d’essuyer quelques larmes. Pour elle, le principal est de libérer la parole des victimes : « De ne pas parler c’était comme un étranglement. Avec ces voix, on va briser le silence et ouvrir une autre page, une autre page de réconciliation ».

Après avoir donné la parole aux victimes, l’instance Vérité et Dignité espère ensuite faire venir des bourreaux et des auteurs de violations pour qu’ils expliquent les mécanismes de la dictature et demandent éventuellement pardon. Ces auditions publiques se poursuivent ce vendredi soir avec une deuxième soirée de témoignages en direct.

Avec rfi.fr


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