Tolérance zéro contre les violences sexuelles faites aux femmes des Grands Lacs

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 27 février 2017 à 01:59
Visites :
56 2

La question de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) a retenu l’attention des Chefs d’Etat et de Gouvernements des pays membres de la CIRGL qui se sont engagés à lutter contre ce fléau à travers le Pacte sur la paix, la sécurité, la stabilité et le développement (2006) et son Protocole sur la prévention et la suppression de la violence sexuelle à l’égard des femmes et des enfants (2006) ainsi que la Déclaration de Kampala sur les VSBG de 2011.

Il en est de même de la participation des femmes à la gouvernance politique, économique et sociale, ainsi qu’aux processus de médiation, négociation, gestion, résolution des conflits et de consolidation de la paix au niveau régional et/ou continental.

Les travaux de la quatrième conférence régionale sur la mise en œuvre de la feuille de route régionale issue de la 3e conférence régionale sur la déclaration de Kampala relative aux violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) et la résolution 1325 du conseil des nations unies se sont déroulés ce mercredi 23 février 2017.

Organisée par la Concertation des Collectifs des Associations Féminines de la Région des Grands- Lacs (COCAFEM/GL), la rencontre des deux jours a réuni les délégués du Burundi, de la RDC, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Kenya, de la RCA et du Soudan du sud, de la CIRGL et l’union Africaine à l’hôtel Ihusi de Goma .

Si la troisième conférence qui a eu lieu l’année dernière à Kinshasa a permis de définir les enjeux prioritaires sur lesquels, les femmes devraient travailler pour faire bloc aux violences sexuelles et basées sur le genre, cette énième conférence de Goma est un moment de faire le point de ce qui a été réalisé jusque là.
Selon madame Cette réunion nous permet de vérifier, est-ce qu’on a marché sur place ou l’on avance et ensemble, nous devons évaluer pour essayer de définir notre feuille de route pour la suite » a indiqué Mme Thérèse Ngwijinama présidente de cocafem/Gl.
Pour le professeur Georgette Biebe songu de l’université de Kinshasa, cette conférence de deux jours est aussi un moment pour la femme de montrer son engagement de lutte contre les violences sexuelles et celles basées sur le genre.

« Nous en avons assez de voir les femmes de la région des Grands Lacs victimes de violences sexuelles et basées sur le genre, c’est la raison qui nous a mené sur Goma pour réitérer notre engagement ou détermination » a-t-elle martelé avant de conclure que le résultat qui est le leur n’est pas efficace et moins encore visible pour travailler en faveur des filles et femmes de la région touchées par ce fléau.

Méritocratie exige…

Si les femmes doivent accéder à des postes de responsabilité, que cela soit sur base de la méritocratie, a souhaité l’assistance dans ces assises de Goma et non sur des considérations qui ne sont pas respectables en droits humains. Avec cette vision de voir les choses, elles pensent que ce sera l’unique moyen pour finir avec les VSBG. Les femmes de la région sont toutefois confiantes qu’il faut le rétablissement de la paix pour arriver à mettre un terme aux violences sexuelles et basées sur le genre et aux souffrances que subissent leurs pairs.

la Burundaise Thérèse Ngwijinama
« Je pense que la région des Grands Lacs est une régions secouée par les turbulences des guerres. Même s’il y a un pas franchi dans le rétablissement de la paix mais la flèche des VSBG est haute car nos pays ne sont pas en sécurité, donc les facteurs paix et sécurité restent importants dans l’élimination ou réduction des VSBG » pense la Burundaise Thérèse Ngwijinama.

Par ailleurs, madame Jeanne D’arc Kanakuze du Rwanda pense que , selon l’esprit de la déclaration de Kampala, signée par les chefs d’Etat de la région , le 15 décembre 2011 dernier chaque acteur dans son domaine devrait faire deson mieux pour mettre un terme aux violences sexuelles et basées sur le genre « il ya 19 recommandations qui sont là, il ya l’engagement de la société civile, celui des gouvernements.

Tous ses acteurs interpelés doivent faire quelque chose pour qu’on arrive à la tolérance zéro sur les VSBG » soutient-elle ajoutant que chaque pays doit développer des stratégies de lutte contre les GBVs dans les contextes qui sont les leurs. Cette femme a pris comme exemple, son Rwanda natal où il ya des lois qui découragent ses violences et la politique où leur société civile est engagée pour l’application de cette loi. Cette 4e conférence régionale sur les GBV clôturée lé 23 février a émis plusieurs recommandations.

Recommandations.

Par rapport à la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies

1) Aux Etats membres de la CIRGL et aux autres organisations interétatiques de la région de mettre en place des mécanismes visant à promouvoir la participation des femmes dans les processus de gouvernance, prévention, gestion et résolution des conflits, médiation et de maintien de la paix ;

2) Aux structures non étatiques de la société civile régionales et nationales de mettre en place un cadre de concertation permanent entre les femmes politiques, entrepreneures et celles de la société civile pour fédérer leurs efforts en vue d’établir des mécanismes susceptibles de promouvoir leur implication dans les processus régionaux et internationaux de prévention et résolution des conflits, médiation, négociation, maintien de la paix et gestion ;

I. Par rapport à la Déclaration de Kampala sur les Violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG)
A. Dans le domaine de la Prévention des VSBG
3) A tous les acteurs concernés par la thématique VSBG, de poursuivre leurs efforts de sensibilisation pour le changement de comportement afin d’éradiquer les pesanteurs culturelles sur le genre qui sont l’une des causes des VSBG ;

4) Aux Etats membres de la CIRGL d’intégrer dans le Curriculum d’Education à tous les niveaux les dimensions genre, masculinité positive et/ou constructive et lutte contre les VSBG ;

5) Aux Etats membres de la CIRGL et aux Partenaires techniques et financiers, d’appuyer les Organisations de la société civile dans la vulgarisation des instruments juridiques relatifs aux VSBG ;

6) Aux Etats membres de la CIRGL d’intégrer le genre et les VSBG dans la planification et de leur allouer un budget conséquent tant au niveau central qu’au niveau décentralisé.

B. Dans le domaine de la lutte contre l’impunité
7) Aux Etats membres de la CIRGL de renforcer dans les meilleurs délais les capacités des prestataires de services dans les domaines judiciaire, médical, psychosocial et communautaire ;

8) Aux Etats membres de la CIRGL d’accélérer la mise en place des laboratoires Médico-légaux bien équipés et de faciliter en particulier le test ADN, en vue des preuves scientifiques irréfutables en cas de VSBG ;

C. Dans le domaine de l’assistance aux victimes/rescapés des VSBG
9) Aux Etats membres de la CIRGL de prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre effective la résolution 11 de la Déclaration de Kampala sur les VSBG portant sur la gratuité des services offerts des victimes des violences sexuelles et basées sur le genre (médicaux, psychosociaux, médico-légaux d’assistance juridique et judiciaire complets) ;

10) Aux Etats membres de la CIRGL d’honorer leurs engagements en alimentant effectivement le fonds spécial de reconstruction et de développement de la CIRGL afin de faciliter l’accès des femmes à faibles revenus aux crédits qu’aux victimes/survivantes des VSBG d’accéder à une compensation adéquate ;

11) Aux partenaires techniques et financiers des Etats membres de la CIRGL d’apporter leur appui technique et financier en vue d’une assistance holistique aux victimes/survivantes des VSBG ;

« Je ne ménagerai aucun effort pour inciter toutes les parties à la mise en œuvre de cette feuille de route ", a déclaré le Gouverneur du Nord Kivu le Docteur Julien Paluku Kahongya.

Pour le Ministre du droit de la Personne et du Genre, NIVYABANDI Martin, "l’engagement que nous venons de prendre entre dans le cadre de la mise en œuvre des politiques stratégiques des ministères sectorielles pour cela nous demandons aux délégations ci présentes de s’approprier de cette feuille de route afin qu’à la prochaine conference un pas géant se réalise".

La COCAFEM/GL est une plate-forme régionale faisant office d’un cadre de concertation des Collectifs des Associations Féminines de la région des Grands Lacs créée en l’an 2001, pendant la période d’instabilité politique, de guerres et de l’insécurité dans la région et elle composée de 11 Collectifs regroupant 1861 Associations membres œuvrant au Burundi, en RDC et au Rwanda.


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM

Publicité