L’expression de demande de pardon du Pape appréciée mais jugée insuffisante par CNLG

Publié par IGIHE
Le 22 mars 2017 à 11:51
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Suite à la visite du Président Paul Kagame au Saint Père de ce 20 mars, La CNLG (Commission Nationale Rwandaise de Lutte contre le Génocide) a fait ce 21 mars 2016 des déclarations sur le mode d’expression des excuses du Pape François ; excuses présentées pour manquements et participation criminelle des prélats et laics de l’Eglise catholique rwandaiseau génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Le Secrétaire Exécutif de la CNLG, Dr Jean Damascène Bizimana, a réagi auxdites déclarations dans un entretien avec RBA :

"C’est un pas appréciable que fait le Pape François, le Chef de l’Eglise Catholique. En 1996, le Pape Jean Paul II avait demandé que l’Eglise Catholique du Rwanda et ceux qui ont participé dans le Génocide des Tutsi de 1994 puissent avoir assez de force morale de reconnaître leurs crimes et d’en demander pardon. Ce pas est assez important dans la mesure où le Pape affirme que l’Eglise catholique a quelque part failli à ses responsabilités et que, au sein du clergé, il y a des gens qui ont perpétré ce génocide. Cette sortie publique du Pape François peut aider à trouver une solution à un problème auquel peu de gens s’attendaient", a dit Bizimana.

Le Dr Jean Damascène Bizimana trouve que la déclaration de demande de pardon du Pape François vient confirmer la rectitude des sentences prononcées par les tribunaux à l’endroit des abbés et autres religieux ayant été reconnus coupables de crimes de génocide dont l’Abbé Athanase Seromba condamné à perpétuité par le TPIR-Arusha, les Quatres nonnes de Sovu condamnées par la justice belge, elles aussi pour leur participation dans le génocide des Tutsi de 1994 et d’autres abbés condamnés par la justice rwandaise.

Le Plus du Pape François

Pour le Secrétaire de la CNLG, au moment où le pape Jean Paul II invitait les les religieux ayant trempé dans le génocide des Tutsi il y a 21 ans, l’Eglise catholique rwandaise et l’Eglise catholique Universelle ont manqué à leurs obligations d’accompagner les religieux dans leur effort de demande de pardon. Au contraire, elles ont tout fait pour les protéger. Il a alors donné le cas du très soupçonné génocidaire Abbé Wenceslas Munyeshyaka qui continue de bénéficier de forts soutiens de l’Eglise française.

"Le Pape François fait un pas en avant. Il recommande que les religieux soupçonnés d’avoir participé dans le génocide des Tutsi soient poursuivis judiciairement. Bien plus, il se penche également sur la question de l’église catholique en tant qu’institution et les manquements à ses obligations qu’elle a manifestés durant ledit génocide. Il déclare que l’Eglise doit les reconnaître, demander pardon pour cela et entamer d’autres démarches y relatives", a ajouté le docteur.

Tout en appréciant le pas positif franchi par le Pape François, il trouve un manque ; celui de voir que le Pape ne fait pas de déclarations sur le caractère nocif des négationnistes dudit génocide, surtout qu’il n’y a pas de différence entre négationnistes de génocide et génocidaires.


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