Le Rwanda décide de poursuivre les officiels français impliqués dans le génocide des Tutsi

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 30 novembre 2016 à 10:07
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Le Parquet Général de la Républikque rwandaise a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire de 20 anciens officiels français militaires, soupçonnés de participation dans le génocide des Tutsi d’avril-Juin 1994 au Rwanda.

L’instruction de ce dossier a déjà commencé. Il a été adressé des questions d’interrogatoire sur de présumés crimes dont ils sont soupçonnés. Après quoi, ils seront déférés devant les tribunaux.

Avant le lancement de cette enquête, le Procureur Général de la République, Richard Muhumuza, a adressé au Président de la Cour de Cassation française, Jean Claude Marin, ce 21 novembre, une correspondance de demande de collaboration dans ce dossier autant que le Rwanda s’était prêté à une telle collaboration dans l’enquête sur l’explosion criminelle du Falcon 50 présidentiel de Feu Juvénal Habyarimana (1973-1994), une explosion qui a été une occasion de massacrer plus d’un million de Tutsi.

Le Procureur demande que la Cour cautionne cette collaboration et que ces 20 militaires soient auditionnés dans les bureaux de l’Ambassade du Rwanda à Paris.

"Alors que l’enquête est en cours, il pourra se faire que d’autres officiels et chargés de mission du gouvernement français soient eux aussi obligés de donner des informations utiles au ministère public", lit-on dans le communiqué émis par le Parquet Général de la République ce 29 novembre 2016.

Cette enquête part de la liste des 22 militaires français présumés génocidaires dressée par la CNLG (Commission Nationale de Lutte contre le Génocide) au 31 octobre 2016.

"Dans un proche avenir, nous en tant que Nation, voulons rendre publiques toutes les informations montrant le rôle criminel génocidaire joué par diverses autorités françaises, civiles, militaires, agents d’espionnage", avait déclaré la Ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au cours de sa récente conférence de presse promettant une comparution devant la justice de ces présumés auteurs de crimes de génocide.

"Pour que nous puissions dresser des mandats d’arrêt internationaux contre ces français, il y a toute une procédure à entreprendre. On ne fera pas comme le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière qui, un bon matin, s’est levé et a décidé des noms de personnes (officiels militaires rwandais) à poursuivre en justice pour, selon lui, avoir descandu l’avion du Président Juvénal Habyarimana. La procédure en cette matière veut qu’au départ des dossiers soient instruits sur les personnes soupçonnées criminelles. De deux, il faut qu’il leur soit notifié les crimes qui pèsent sur elles. De trois, il faut lui donner l’occasion de s’expliquer, de donner sa propre version des faits. Enfin, il faut impliquer d’autres institutions judiciaires", avait-elle alors confié à la presse.


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