La Ministre Louise Mushikiwabo sur le plateau de TV5 Monde : Démocratie, Justice, Droits de l’Homme, Economie...

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 30 octobre 2017 à 10:54

La ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo, a accordé à Kigali ce dimanche 29 octobre une interview aux journalistes de TV5 monde, Françoise Joly, de Le Monde, Christophe Ayad, et de RFI, Sophie Malibaux.
Le décor est planté. Françoise Joly attaque. “Vous avez, Madame la Ministre, choisi ce lieu, le KCC/Kigali Convention Center”. Elle tente de montrer que certains critiques n’approuvent pas le fait que le Rwanda actuel ait privilégié le développement du secteur tertiaire et (...)


La ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo, a accordé à Kigali ce dimanche 29 octobre une interview aux journalistes de TV5 monde, Françoise Joly, de Le Monde, Christophe Ayad, et de RFI, Sophie Malibaux.

Le décor est planté. Françoise Joly attaque. “Vous avez, Madame la Ministre, choisi ce lieu, le KCC/Kigali Convention Center”. Elle tente de montrer que certains critiques n’approuvent pas le fait que le Rwanda actuel ait privilégié le développement du secteur tertiaire et ses mirages, celui des services, au lieu de penser au secteur primaire qui nourrit plus de 70% de la population.

Le tour d’horizon des questions est fait. Du miracle économique rwandais et des entreprises géantes Crystal Venture du parti au pouvoir, du modèle chinois de développement privilégié par le régime rwandais, tout est passé rapidement en revue avec des réponses précises de la Ministre, très à l’aise.

Tous les sujets qui fâchent sont passés en revue. A la question de la jeune dame politicienne emprisonnée et en process contre l’Etat rwandais, Melle Diane Rwigara, la ministre montre que la façon dont une certaine presse occidentale compatit à certaines personnes emprisonnées avec un accent délibéré accusateur de violation de leurs droits politiques peut paraître contraire à la vérité, quand bien même la personne en question est une femme.

La journaliste a nommément cité la candidate refusée à l’élection présidentielle du 4 Août dernier, Melle Diane Rwigera en procès de faux et usage de faux en politique et de tentative d’atteinte à la tranquillité du pays.

"Le Rwanda est un pays où la femme est reine. Mais il y a aussi quelques sorcières. Il n’y en a pas beaucoup mais ce ne sont pas toutes des anges...", a-t-elle dit faisant allusion à la jeune femme Rwigara qui aurait falsifié quelques signatures de gens soi disant qui l’auront cautionné afin de présenter les 600 signatures exigées par la NEC/Commission Nationale Electorale.

"Vouloir se présenter à la présidentielle vous amène en prison ici au Rwanda ?", demande le journaliste Aly de Le Monde.

"Non ce n’est pas le cas", a immédiatement répliqué la ministre. "Cette jeune dame est en justice parce qu’elle a triché à plusieurs niveaux sur son chemin vers la qualification à la candidature à cette présidentielle (d’août 2017).

Le journaliste ne lâche pas. Il trouve que beaucoup de gens qui n’appellent pas au renversement du régime s’exilent pour une critique sur la gestion du pouvoir.

" Moi je pense que... il ne faut surtout pas prendre le Rwanda comme un pays qui est très étrange, qui est différent. En politique, les gens s’entendent et finissent par ne pas s’entendre.... Le reste c’est un peut partout dans le monde. Il y a des politiciens et leurs opposants. En continuant votre enquête, vous trouverez que tous les Rwandais qui ont quitté le pays avaient des problèmes. Ce ne sont pas des gens qui n’ont pas voulu aller avec le système politique et une fois à l’extérieur se sont retrouvés avec des activités criminelles", a-t-elle sportivement répondu.

Louise défend l’actuel realpolitik rwandais
Françoise Joly de TV5 Monde se demande si un score qui avoisine 99% des voix des électeurs favorables à Paul Kagame, cette façon de construire la vie politique ne peut pas être contreproductive à terme... Pour qui... (entrecoupe la Ministre)...

La Ministre trouve que la volonté politique de la plupart des Rwandais est une sorte d’indicateur incontournable montrant les aspirations des Rwandais et leur confiance en un homme providentiel pour les circonstances actuelles :

“Paul Kagame, c’est le Président des Rwandais. Si ces derniers veulent les choses comme elles se passent aujourd’hui, pour nous, on est très à l’aise. On comprend bien qu’il y en ait qui ne comprennent pas. Et c’est normal ! Nous aussi sommes étonnés de voir dans d’autres pays, des chefs d’Etat qui ne sont élus que par 15% des électeurs. C’est leur choix”, a dit la Ministre dans une tentative de montrer que le respect des choix des peuples est important dans la vie des nations.

Relations France-Rwanda

La journaliste Joly invite Mme Louise Mushikiwabo sur des sentiers où elle se sent le plus à l’aise.

Rappel de l’Ambassadeur du Rwanda à Kigali : Est-ce suite à la réouverture de l’enquête sur l’explosion criminelle du Falcon 50 de l’ancien Président du Rwanda ?

"La France, par certains responsables français qui étaient les soutiens d’un régime qui a commis un génocide ici au Rwanda, depuis 23 ans, essayent de cacher leurs traces, essayent de brouiller les pistes. C’est ça l’histoire du Rwanda et de la France depuis 1994", a-t-elle dit ostantatoirement.

Les relations entre les deux pays, relations compliquées…

L’épisode du passage de Nikolas Sarkozy est évoquée par les journalistes avec le nouveau juge anti terroriste Marc Trévidic et … “qui n’a pas pu conclure son enquête”.

Cette embellie de courte durée est appréciée par la ministre qui comprend parfaitement comment le dossier est tourné par les responsables français non comme une affaire de justice mais plutôt parfaitement politique.

"Je vais vous dire ce qu’on dit ici au Rwanda. Il y est dit que la Justice française est indépendante de la justice. En termes clairs, au cours du génocide des Tutsi de 1994, les responsables militaires et politiques français étaient impliqués aux côtés des responsables génocidaires rwandais. Pendant le génocide, les mêmes responsables ont aidé. Après le génocide, les mêmes responsables ont caché, soutenu les hommes et les femmes ayant perpétré ce génocide. Et même aujourd’hui, ils continuent de les soutenir. Au point où on en est, nous, quand on parle de la justice française, on n’y comprend rien", a dit la Ministre montrant que ce n’est pas pour demain que va se déclencher un dégel dans les relations France-Rwanda.


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