L’ONU préoccupée face aux allégations de violations des droits humains envers les expulsés du Congo/Brazzaville

Redigé par Afriquinfos
Le 27 mai 2014 à 11:08

Les Nations Unies exigent un arrêt immédiat des expulsions des ressortissants de la République démocratique du Congo et demandent aux autorités de la République du Congo/Brazzaville d’enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme.
Dans le communiqué, Martin Kobler, Représentant spécial du secrétaire général en RDC et chef de la MONUSCO et Zainab Hawa Bangura, Représentant spécial du secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits, ont exprimé leurs vives préoccupations face (...)

Les Nations Unies exigent un arrêt immédiat des expulsions des ressortissants de la République démocratique du Congo et demandent aux autorités de la République du Congo/Brazzaville d’enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme.

Dans le communiqué, Martin Kobler, Représentant spécial du secrétaire général en RDC et chef de la MONUSCO et Zainab Hawa Bangura, Représentant spécial du secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits, ont exprimé leurs vives préoccupations face aux allégations de violations des droits de l’homme et ont exhorté les autorités de Brazzaville à prévenir de telles violations et à diligenter une enquête sur ces incidents.

"Les Nations Unies ont reçu des informations faisant état d’abus physiques, de mauvais traitements et de violences sexuelles infligés aux citoyens de la RDC lors de leur expulsion", ont souligné Martin Kobler et Zainab Hawa Bangura.

Cette déclaration a été publiée trois jours après la visite du chef de la MONUSCO dans le camp de transit des refoulés du Congo/Brazzaville à Maluku, à environ 80 kilomètre à l’est de la ville de Kinshasa, où plusieurs milliers des ressortissants de la RDC expulsés du Congo voisin sont actuellement regroupés. Sur place, M. Martin Kobler s’est dit "choqué" par les rapports et les témoignages de ces expulsés.

"J’ai entendu de nombreux témoignages des victimes qui font état de graves violations des droits de l’homme et de traitements cruels. J’ai entendu des récits d’enfants noyés dans le fleuve pendant leurs traversées forcées, j’ai vu un homme blessé par balles et des mères qui ont accouché sans assistance sur la rive du fleuve Congo. Tout cela doit cesser", a déclaré le Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC.

"Nous avons reçu des informations faisant état des violences sexuelles commises avant et pendant les opérations d’expulsions et ceci est inacceptable", a martelé Zainab Hawa Bangura.

Les signataires de la déclaration reconnaissent que les conditions de séjour et de résidence dans un pays étranger relèvent de la responsabilité souveraine du pays d’accueil, affirmant que les autorités de Brazzaville sont les premiers responsables de la protection de toute personne vivant sur leur sol, quelle que soit sa nationalité.

Cependant, souligne le document, les expulsions doivent être effectuées dans le strict respect des principes et règles du droit international. "Les expulsions massives sont contraires aux principes de la Charte africaine relatifs aux droits de l’homme et des peuples, ainsi qu’au droit international au sens le plus large", a conclu Martin Kobler.


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