Interprétations du pardon demandé par l’Eglise catholique ; Ibuka table sur la confiance retrouvée
Publié le 24-11-2016 - à 17:30' par Jovin Ndayishimiye

Le récent communiqué des Evêques de l’Eglise catholique demandant pardon au nom des princes, évêques, et ministres, prêtres de l’Eglise catholique romaine ; religieux et fidèles qui ont trempé dans le génocide des Tutsi du Rwanda de 1994, ne cesse de faire parler plus d’un.

L’Opinion publique de même que le Gouvernement rwandais restent sur leur soif trouvant que l’Eglise Catholique rwandaise romaine devrait faire un pas de plus dans la reconnaissance de sa responsabilité dans cei intense génocide du siècle dernier au cours duquel un million et plus de Tutsi ont été décimés rien qu’en moins de cent jours.

Le Rwanda christianisé catholique à grands renforts, plus de 62% sur 90% de Rwandais Chrétiens, a raté un virage de l’histoire quand les princes de l’Eglise sont entrés dans l’appareil gouvernemental et dans l’arène politique rwandais faisant ainsi une distorsion lourde de conséquences dans la conscience des paroissiens.

D’aucuns ne comprennent pas suffisamment l’attitude des Evêques du Rwanda qui demandent pardon pour leurs coreligionnaires et autres fidèles qui ont trempé dans ledit génocide mais trouvent que le temps n’est pas encore venu pour endosser cette lourde responsabilité dans les crimes contre l’humanité. Il en va de même du Gouvernement rwandais qui demande à l’Eglise de faire un autre pas dans la reconnaissance de sa responsabilité dans le Génocide.

" Ce pas est le bienvenu comme une expression individuelle de regret. Cependant, cette profonde inadéquation du geste sert uniquement d’illustrer à quel point l’Eglise Catholique est encore loin d’une honnête et entière reconnaissance de sa responsabilité morale et légale.

... comme ils demandent pardon pour nombre d’individus non identifiés, les évêques semblent amorcer une extraordinaire étape d’exonération de l’Eglise Catholique en tant qu’institution de toute culpabilité dans le Génocide des Tutsi. Pourtant tous les faits historiques contredisent cette position de l’église ", lit-on dans le communiqué.

Le Gouvernement reste sur sa soif

Le Gouvernement devrait-il attendre beaucoup de cette Eglise catholique qu’il n’a pas soudoyé, aucune demande insistante ne lui a été faite pour l’aider à accepter sa lourde responsabilité dans la conception, la préparation ou la commission de ce génocide surtout que Mgr André Perraudin autant que Mgr Vincent Nsengiyumva furent des directeurs spirituels des anciens présidents Kayibanda Grégoire (1962-1973) et Juvénal Habyarimana (1973-1994).

L’Eglise catholique a sa façon de percevoir la question du génocide des Tutsi. Pour elle, il n’est pas question de porter le poids des crimes commis par ses princes et ministres. Néanmoins, elle promet des enquêtes poussées à l’endroit de ses ministres.

"C’est trop tôt. Il y a des enquêtes et des procès en cours. Le crime de génocide étant imprescriptible, même le temps de prouver que les prêtres ont commis le génocide... nous nous désolidariserons d’eux pour ce crime de meurtres. Mais le fait du péché d’être des humains qui peuvent demander pardon à Dieu et leur être accordé, là nous serons avec eux... Nous ferons ce travail d’enquête judiciaire à l’endroit de prêtres présumés génocidaires dans les meilleurs délais", a confié Mgr Thaddée Ntihinyurwa, Archevêque de Kigali, au cours d’un documentaire " L’Abcès de la Vérité" réalisé par un certain Gasigwa Léopold.

La position officielle d’IBUKA apprécie ce nouveau mouvement de l’église catholique et trouve que ceci est un bon début pour un dialogue constructif en faveur de la reconnaissance du lourd préjudice causé aux victimes et rescapés du génocide des Tutsi de 1994.

« Le Communiqué des Evêques de l’Eglise catholique est intéressant au plus haut point. Nous, à IBUKA, y voyons une possibilité de dialogue pour aboutir plus tard à des solutions pratiques. Actuellement nous avons opté pour un International Trust Fund qui pourrait amener plusieurs parties intéressées à l’alimenter dont les criminels qui ont été reconnus coupables de ce crime contre l’humanité, l’église catholique, les pays de la Communauté internationale et certaines institutions dont l’ONU », a dit le Prof Dr Jean Pierre Dusingizemungu, Président d’IBUKA.

Dans sa sagesse, il trouve qu’un fonds de réparation des droits des rescapés, ordonné par la justice n’est pas une mince affaire, qu’il prendra tout le temps nécessaire, que, par contre, dans l’entretemps, pour venir à la rescousse des derniers rescapés, il importe d’amener toutes les parties en confiance et de créer un forum permanent de débat quitte à opérationnaliser un fonds qui sera une sorte de panier où toutes les parties intéressées ou sympathisantes ou compatissantes verseront leurs contributions qui tiendront provisoirement lieu de réparation des droits des rescapés afin qu’ils attendent avec une sérénité qu’un Fonds proprement dit de réparation de leurs droits soit monté.


Kwamamaza
Commentaires

l’église s’est excusée et n’a pas demandé pardon : il ne faut SURTOUT pas confondre les deux concepts ; c’est une erreur grave ; c’est comme confondre une bouteille de vin avec une bouteille de bière ; cela n’a AUCUN rapport ;


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