Droits de l’Homme en RDC : des progrès en "danger" (ONU)
Publié le 22-07-2016 - à 15:47' par IGIHE

Les Nations Unies ont estimé jeudi que les avancées en matière des droits de l’Homme enregistrées par la République démocratique du Congo sont en "danger" si rien n’est fait pour apaiser "la tension [qui] monte" au fur et à mesure qu’approche la fin du mandat du président Joseph Kabila.

"Les avancées importantes réalisées dans le domaine de lutte contre l’impunité des violences sexuelles reflètent des progrès plus larges réalisés en RDC" depuis la dernière décennie, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

Parmi ces avancées, M. Ra’ad Al Hussein a également noté l’organisation de "deux élections présidentielles" en 2006 et 2011, remportées par M. Kabila.

Les élections présidentielle et législatives de 2006 constituent les premiers scrutins tenus en RDC depuis l’indépendance du Congo en 1960, au sortir de deux guerres ayant ravagé le pays entre 1996 et 2003.

"Il semble toutefois qu’aujourd’hui ces avancées puissent être en danger. Alors que des échéances électorales cruciales approchent, la tension monte", s’est-il inquiété au dernier jour d’une visite de quatre jours dans le pays.

Le diplomate jordanien a regretté "de n’avoir pas avoir pu rencontrer" le chef de l’État à l’issue de cette visite qui l’a conduit dans les provinces troublées du Nord et Sud-Kivu avant l’étape finale de Kinshasa.

M. Ra’ad Al Hussein s’est également dit "très préoccupé" par le "harcèlement croissant des représentants de la société civile et des journalistes, de la répression des voix qui s’opposent au gouvernement et des dispersions excessives et parfois mortelles de manifestations" alors que la RDC traverse une crise politique grave.

Cette situation est consécutive à la réélection contestée de M. Kabila en novembre 2011 (pour un dernier mandat de cinq ans) à l’issue d’un scrutin toutefois entaché d’irrégularités massives et dont les résultats avaient été rejetés par l’opposition.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la constitution lui interdit de se représenter, mais l’opposition l’accuse de manoeuvrer pour rester à son poste au-delà du terme de son mandat fixé au 20 décembre.

Cependant, un récent arrêt de la Cour constitutionnelle autorise le chef de l’État de rester en fonction jusqu’à l’élection de son successeur, alors que tout indique que l’organisation d’une présidentielle cette année relèverait d’un miracle.

Depuis plusieurs mois l’ONU dénonce le rétrécissement de l’espace politique congolais.

AFP


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