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Burundi : un rapport humanitaire alarme sur la crise alimentaire

Publié par Olga Ishimwe
Le 23 février 2017 à 07:18
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Un rapport conjoint des partenaires humanitaires, du gouvernement burundais et des bailleurs de fonds intitulé « Aperçu des besoins humanitaires en 2017 » tire la sonnette d’alarme sur la crise humanitaire dans le pays.

Le rapport publié en janvier lance un appel de fonds de 73 millions de dollars à la communauté internationale, en vue de faire face à une situation humanitaire qui « se dégrade rapidement », alors qu’un quart de la population a besoin d’une aide humanitaire. Et ce rapport n’hésite pas à utiliser le mot « alarmant » pour qualifier la situation.

Le gouvernement burundais ne supporte pas le mot « famine » et préfère parler de simple « déficit alimentaire » qui est en train d’être résorbé grâce à une bonne récolte cette saison et à la solidarité nationale. Le mot sensible a donc été banni de ce rapport, mais les chiffres et les mots utilisés parlent d’eux-mêmes.

Trois millions de Burundais avaient besoin d’une assistance humanitaire d’urgence fin 2016, c’est trois fois plus qu’il y a un an, souligne ce rapport qui s’alarme d’une rapide dégradation de la situation. Parmi eux, plus de 800 000 étaient en « insécurité alimentaire sévère », un terme politiquement correct qui cache mal une grande détresse de personnes qui nécessitent donc une aide immédiate.

Une crise interminable

La raison de cette détérioration de la situation ? Les aléas climatiques, mais aussi une dégradation des conditions socio-économiques, conséquence de la grave crise que traverse ce pays depuis près de 2 ans, souligne ce rapport qui est le fruit d’un travail collectif entre les partenaires humanitaires du Burundi, le gouvernement ainsi que les bailleurs de fonds.

Mais la crise n’est pas qu’alimentaire. La situation s’est dégradée sur tous les plans, protection, éducation, accès à l’eau, ou encore santé. Le Burundi fait ainsi face à une pandémie de paludisme : plus de la moitié de la population touchée et plus de 3 000 morts en 2016, le double de l’année précédente, selon toujours ce rapport, et déjà près d’un million de nouveaux cas rien qu’en janvier. Plus dramatique, les stocks d’antipaludéens sont pratiquement vides aujourd’hui. Enfin, ce pays n’est pas encore au bout du tunnel, car ce rapport prévient déjà : 2017 va être pire.

Avec rfi.fr


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