Burundi : Les quartiers ‘contestataires’ vides d’hommes.
Publié le 15-10-2016 - à 10:20' par P. Matabaro

Depuis que la crise a éclaté au Burundi en Avril 2015, des hommes, des femmes, des jeunes et enfants fuient le pays pour échapper aux violations graves des droits humains qui sont rapportées dans le pays depuis que Pierre NKURUNZIZA a décidé de gérer le pays pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel et illégal.

Des quartiers de Bujumbura considérés par le pouvoir comme contestataires de ce 3eme mandat sont devenus la cible des corps de sécurité et des services de renseignement, des corps de police qui collaborent étroitement avec les jeunes de la milice Imbonerakure du parti au pouvoir le CNDDFDD pour réprimer leurs opposants. Les quartiers municipaux de Musaga, Kanyosha, Cibitoke, Ngagara, Nyakabiga et Mutakura sont les plus ciblés.

Les dates du 11 au 12 décembre 2015 ont marqué les débuts des poursuites judiciaires contre certaines personnes soupçonnées d’être parmi ceux que le pouvoir de Bujumbura qualifie d’insurgés voire de terroristes, après les avoir inculpés dans des actes d’atteintes à la sureté de l’Etat.

Les organisations de défense des droits humains dont Human Right Watch dénoncent à cet effet, des manœuvres du pouvoir visant à arrêter ceux qui sont contre ce 3eme mandat de Pierre NKURUNZIZA. Ces organisations internationales des Droits de l’Homme et même des NU ont rapporté également des cas de disparitions forcées et d’exécutions extra judiciaires parmi les victimes, ce qui est à l’origine de nombreux départs parmi la population déjà classée sur la liste noire des services de Renseignement burundais.

Pris de peur et de panique, la plupart a choisi le chemin de l’exil surtout vers les pays voisins comme le Rwanda, La Tanzanie, la RDC ou l’Ouganda. D’autres se retrouvent en Europe où la sécurité se trouve être mieux par rapport à ces pays d’Afrique de l’Est.

Des sources à Bujumbura nous indiquent sous couvert d’anonymat, que les familles de ces personnes exilées, laissant derrière elles des mandats d’arrêt ou des convocations sont toujours sous menace des jeunes de la milice du parti au pouvoir, le CNDDFDD.

A Nyakabiga, une famille d’un homme prénommé Bernard Lamda, deux hommes Jean Bosco et Gilbert Lamda à Cibitoke, et une famille d’un cinquantenaire Pierre lamda habitant à Kanyosha(Le nom de Lamda est accordé à Tous pour des raisons de sécurité), tous ont fait objet d’intimidation et de harcèlement par la milice du parti présidentiel.

Non loin de là à Musaga, la situation des anciens manifestants a tourné au vinaigre. Des milliers de jeunes ont été contraints à l’exil.

Le quartier ‘contestataire’, Musaga a été pris comme un quartier plutôt ennemi du pouvoir de Pierre NKURUNZIZA avant de subir des répressions musclées de la police, l’armée et la milice Imbonerakure du parti au pouvoir. Des arrestations arbitraires et des fouilles- perquisition y sont quotidiennement rapportées.

Le cas de ces familles de Kanyosha et Musaga n’est pas isolé du reste de ces quartiers urbains de Bujumbura. D’autres cas ont défrayé la chronique des médias dont celui de la famille du journaliste Christophe NKEZABAHIZI (son épouse et ses deux enfants), décimée par des hommes en uniformes en novembre 2015, la disparition forcée en date du 22 juillet 2016 , de Jean BIGIRIMANA, journaliste du groupe de presse IWACU et d’autres cas d’assassinats ciblés qui ne seront jamais élucidés.

La liste des victimes n’est pas en tout cas exhaustive si on en croit le récent rapport des experts des NU sur l’Enquête Indépendante des NU au Burundi (EINUB),adopté fin septembre à Genève par le conseil des NU aux droits de l’homme , un rapport que le pouvoir de Bujumbura n’a pas tarder de rejeter en déclarant par la suite persona non grata les 3 rapporteurs onusiens qui dénoncent un risque de génocide dans le pays.

Dans l’entretemps la CPI annonce avoir déjà entamé un examen préliminaire pour juger certaines autorités qui se rendront coupables de violations graves des droits humains au Burundi.

Les enquêtes se poursuivent certes et les arrestations arbitraires font toujours parler d’elles selon SOS Torture, une coalition des défenseurs burundais des droits humains en exil. Des arrestations dans ces zones dites contestataires de ce fameux mandat, un 3eme mandat qui a fait déjà plus de 1000 personnes mortes et près de 300.000 exilés selon les rapports du Haut-Commissariat pour les Réfugiés HCR.


Kwamamaza
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