Burundi : L’épée de Damoclès pèse contre les Défenseurs des Droits Humains

Publié par Patrick Mitabaro
Le 20 mars 2017 à 05:30
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Ils ne sont pas les bienvenus chez eux. Il s’agit de certains défenseurs des droits humains burundais fichés sur une liste noire du service des renseignements. Le pouvoir de Bujumbura les accuse de ternir l’image du Burundi.

Les sources proches du ministère de l’intérieur et de la formation patriotique confirment que le gouvernement du Burundi a entrepris une vaste campagne de dénonciation des noms de certains Défenseurs des Droits de l’Homme qui sont sur le terrain de la "calomnie pour parachever le putsch manqué du 13 mai 2015" selon les termes du secrétaire permanent à ce ministère, les termes que l’actuel président du Sénat a repris sur les voies publiques dans sa province natale de Makamba au sud du pays, en évoquant le nom d’un journaliste Marc Niyonkuru qui a fui le pays pour des raisons de sa sécurité. L’Honorable Révérien Ndikuriyo a expliqué à la population que ce journaliste DDH natif de la même province fait partie des "Burundais qui ont perdu tout esprit patriotique et qui font la guerre à leur propre pays".

De tels discours de certaines autorités burundaises en public sonnent comme des appels au lynchage, surtout que les rapports de monitoring des violations des droits humains au Burundi montrent clairement que les cas d’assassinats et de disparitions forcées sont devenus le lot quotidien dans certaines localités du pays, la milice imbonerakure du parti au pouvoir étant accusée de faire la chasse aux opposants en toute impunité.

La situation des Défenseurs des Droits de l’Homme est ainsi rapportée au Burundi au moment où la grande majorité de ces hommes et femmes ont été contraints de quitter le pays. Ils ont choisi le chemin de l’exil après l’intolérance du gouvernement face aux libertés publiques qui avaient conduit les opposants de Pierre Nkurunziza à manifester contre son 3ème mandat inconstitutionnel en 2015.

A partir de leur exil dans les villes voisines de Kigali et Kampala, ces défenseurs des droits de l’homme burundais continuent leur travail de monitoring des violations commises sur le sol burundais, des cas de menaces d’assassinat qui ciblent ces « ennemis » du pouvoir de Pierre Nkurunziza sont aussi signalés dans ces villes d’accueil surtout à Kampala en Ouganda selon les sources sur place.


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