Migrants : l’UE veut « briser » les réseaux de passeurs en Libye

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 4 février 2017 à 10:01
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Réunis à Malte vendredi 3 février pour un sommet informel largement consacré aux migrations en Méditerranée, les dirigeants de l’Union européenne se sont fixés 10 priorités, principalement à l’encontre de la Libye, d’où partent 90% des migrants qui tentent de rejoindre l’Italie. Il s’agit de « briser le modèle économique » des passeurs, de sécuriser les frontières de ce pays ou encore d’assurer des conditions décentes aux migrants bloqués dans la région. Plus de 1300 migrants ont été secourus vendredi au large de la Libye.

Renforcer le rôle des garde-côtes libyens, aider les voisins de la Libye à fermer ses accès aux pays voisins, assurer des conditions décentes aux migrants bloqués dans la région et inciter les migrants économiques à retourner d’où ils viennent, voilà les résolutions prises lors de la réunion de Malte, ce vendredi 3 février. « Nous intensifierons l’action que nous menons avec la Libye, qui est le principal pays de départ, ainsi qu’avec ses voisins d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne », est-il écrit dans la Déclaration de Malte.

Aider la Libye à sécuriser ses frontières

Mais la situation politique de la Libye n’étant pas stable, « c’est une grande difficulté » pour l’Union européenne, reconnaît le Premier ministre belge, Charles Michel, interrogé par RFI. L’UE doit oeuvrer plus fortement « afin qu’il y ait de la stabilité politique en Libye, afin que les partis en Libye puissent organiser une souveraineté sur le territoire », de concert avec les Nations unies, avec les pays voisins. Une autorité sur le territoire libyen, c’est une « priorité absolue » pour Charles Michel. Ne pas agir en Libye risque d’avoir des conséquences « très lourdes pour les Européens ».

« En Libye, il est essentiel de renforcer les capacités pour que les autorités soient en mesure de prendre le contrôle des frontières terrestres et maritimes et de lutter contre les activités de transit et de trafic », assure la Déclaration de Malte aussi l’UE va-t-elle renforcer un programme de formation des garde-côtes libyens. L’organisation régionale soutient la démarche de l’Italie qui avait pris l’initiative d’un accord bilatéral avec Tripoli pour un meilleur contrôle des flux migratoires. Le texte a été signé jeudi 2 février par le président du Conseil italien Paolo Gentiloni et le Premier ministre libyen Fayez el-Serraj. Les migrants seront hébergés dans ces camps « jusqu’à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d’origine », précise l’accord entre la Libye et l’Italie et c’est le ministère libyen de l’Intérieur qui gèrera ces camps avec du personnel formé par les autorités italiennes, qui fourniront par ailleurs des médicaments et du matériel médical.

Les migrants en danger dans les centres de rétention en Libye

Les organisations internationales, ONU et HCR en tête, suivies par les ONG sont réservées sur le maintien des camps de transit des réfugiés en Libye. « Conserver des camps en Libye, c’est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger », a déploré Carlotta Sami, porte-parole du HCR interrogée par l’agence Reuters.

« Au lieu de proposer une vraie politique d’accueil des personnes qui arrivent sur le sol européen par des voies légales et sécurisées, on renvoie vers leurs persécuteurs des personnes qui ont déjà été extrêmement éprouvées, s’insurge au micro de RFI Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde. Les témoignages de tortures, de violences à l’égard des personnes notamment dans les centres de rétention sont dramatiques. On renvoie donc ces personnes vers leurs oppresseurs au mépris des droits les plus élémentaires. Tout le monde sait que la situation en Libye est terrible, que c’est un pays d’une grande instabilité. »

La Libye n’est pas en mesure en ce moment d’accueillir dignement ces personnes, rappelle Françoise Sivignon qui tacle au passage l’Union européenne qui a beau jeu de critiquer la politique migratoire du nouveau président américain. « L’Union européenne a été soi-disant bouleversée par les décrets de Trump mais notre réponse à nous n’est vraiment pas digne des valeurs européennes… Par rapport à Trump on n’a pas su se différencier sur la question migratoire ! »

Avec rfi.fr


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