Merkel souhaite l’aide du nord de l’Afrique pour contenir les flux migratoires

Publié par Olga Ishimwe
Le 2 mars 2017 à 04:15
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La chancelière allemande est en déplacement au Caire et à Tunis pour aborder, entre autres, le sujet de la crise migratoire. Angela Merkel souhaite que les pays du Maghreb s’impliquent davantage pour endiguer les flux de migrants sur ses côtes.

Comment endiguer le flux migratoire en provenance des côtes nord-africaines et surtout libyennes ? C’est pour trouver des réponses, entre autres, à cette question que la chancelière allemande Angela Merkel, se rend jeudi 2 mars en Égypte, puis en Tunisie, vendredi. Car c’est bien entre ces deux pays que des centaines de milliers de migrants affluent chaque année pour tenter de passer en Europe. Il y a aurait actuellement plus de 250 000 migrants en Libye, selon l’Unicef.

La chancelière allemande insiste depuis des mois sur le rôle crucial que doivent jouer selon elle les pays du Maghreb afin d’endiguer le flux de demandeurs d’asile qui s’accumulent sur les côtes africaines. À la mi-février, Angela Merkel avait déjà eessayé de faire part au président algérien de sa vision des choses. Mais sa visite officielle avait été reportée en raison de l’état de santé du président Bouteflika.

"Faire cesser les activités des passeurs"

"Sans stabilisation politique de la Libye, nous ne pourrons pas faire cesser les activités des passeurs et des trafiquants [d’êtres humains]", avait indiqué la chancelière, samedi. "L’Égypte, en tant qu’institution régionale et puissance régionale, joue ici un grand rôle, tout comme l’Algérie et la Tunisie", avait-elle ajouté.

Avec la fermeture de la route des Balkans, depuis l’accord UE-Ankara, la Libye est devenue une importante porte d’entrée vers l’Europe. Selon les chiffres du gouvernement italien, quelque 13 400 arrivées ont été recensées en janvier et février, soit une hausse de 50 % à 70 % par rapport aux deux premiers mois de 2015 et 2016. L’année dernière, Rome avait dû faire face à l’arrivée de plus de 180 000 migrants, au total.

La chancelière allemande – sous pression chez elle pour avoir ouvert son pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 – n’a jamais caché son souhait de trouver un accord entre l’UE et les pays du Maghreb calqué sur l’accord UE-Ankara. Mais ce projet relève de la gageure.

La question des droits de l’homme

Tout d’abord, sceller un accord avec Tripoli est inenvisageable. Depuis la chute de Mouhammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un pays bien trop instable où plusieurs autorités s’y disputent le pouvoir. Hors de question aussi d’envisager un renvoi de migrants vers la Tunisie. Cette idée, évoquée par Merkel, a été rejetée sans équivoque par le Premier ministre Youssef Chahed à la veille de sa visite à Berlin le 14 février.

L’Égypte, de son coté, ne paraît pas non plus être un partenaire idéal pour l’UE. Est-il possible de sceller un accord dans un pays où la question des droits de l’homme est régulièrement posée, où des milliers d’opposants au régime de Fattah al-Sissi sont emprisonnés ou tués. "Vous savez que le gouvernement [allemand] dans ses relations avec les gouvernements étrangers accorde beaucoup d’importance au respect des droits humains et au respect de l’État de droit", a souligné vendredi Ulrike Demmer, une porte-parole de la chancelière.

La chancelière devra donc multiplier des trésors de diplomatie pour entamer un dialogue constructif avec la Tunisie et l’Égypte, mais le temps presse. La Turquie a menacé de ne plus appliquer l’accord limitant l’afflux de migrants en Europe. Ankara reproche à l’UE de ne pas tenir ses engagements : en contrepartie de l’aide de la Turquie, l’accord UE-Ankara a prévu en effet l’exemption de visas pour les ressortissants turcs en voyage en Europe. Un point qui reste aujourd’hui toujours en suspens.

Avec france24.fr


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