Le terroriste du Louvre en voulait à la France

Publié par Olga Ishimwe
Le 8 février 2017 à 01:34
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Disant avoir agi seul, l’agresseur soutient être un « pacifiste » désirant juste maculer des toiles pour se venger des bombardements en Syrie. Le 29 janvier, il a fait une visite guidée du musée comme touriste.

Le terroriste qui a attaqué les militaires au Louvre vendredi matin aux cris d’« Allah akbar ! » a enfin commencé à parler. Mais les enquêteurs ont recueilli ses premières dépositions avec un grand scepticisme.

Après 24 heures de quasi-mutisme dimanche, l’Égyptien de 29 ans a accepté de répondre à l’occasion d’une troisième audition menée lundi par les policiers de la section antiterroriste de la Brigade criminelle. Depuis sa chambre ultrasécurisée de l’Hôpital européen Georges-Pompidou où il a été conduit vendredi, grièvement blessé par balles, l’agresseur a confirmé s’appeler Abdallah el-Hamahmy.

« Il a développé sa première version des faits , précise la même source, mais il semble difficile d’en croire un traître mot. » Se disant « pacifiste », il a affirmé vouloir maculer des œuvres d’art pour venger les Syriens cibles des bombardements des forces de la coalition, dont fait partie la France. Jamais, a-t-il juré, il n’avait prévu de s’en prendre à des militaires.

Par ailleurs, interrogé sur le choix de sa cible, il a assuré avoir visé le site du Louvre pour porter un coup au tourisme français et à son économie en général. Les deux machettes avaient été achetées le 28 janvier, assure encore l’Égyptien, pour se protéger en cas d’intervention des gardes du musée. Une source proche du dossier précise au Figaro qu’il a été filmé le 29 janvier au matin par les caméras de vidéosurveillance en train de déambuler dans le Carrousel puis parmi un groupe de touristes pour une visite guidée dans les galeries du musée. « Comme s’il avait besoin de faire une reconnaissance », souffle un enquêteur.

En revanche, ce père de famille, dont la femme est enceinte, a soutenu avoir agi seul, sans être téléguidé. Il a en outre ajouté n’avoir jamais prêté allégeance à l’État islamique.

Des propos jugés là encore comme « tout à fait sujets à caution » par les enquêteurs qui le somment de s’expliquer sur de possibles liens avec les « frères en Syrie », dont il a parlé sur son compte Facebook, mais aussi avec Daech, auquel il fait référence dans un ultime tweet en citant Abou Mohammed al-Adnani, « ministre des attentats » de l’État islamique, tué en août dernier.

L’état de santé du terroriste s’est dégradé mardi

Abdallah el-Hamahmy refuse de révéler pourquoi il est venu de Dubaï pour perpétrer une attaque aussi rudimentaire. Les policiers essaient toujours de comprendre les raisons pour lesquelles il s’est lancé, du haut de son 1,65 mètre, à l’assaut de quatre solides chasseurs parachutistes rompus au close-combat et armés. La section antiterroriste et la Direction générale de la sécurité intérieure continuent d’exploiter les indices récoltés dans sa « planque », un appartement cossu loué 1700 euros rue de Ponthieu, près des Champs-Élysées.

Le parcours parisien de l’islamiste présumé pourrait être retracé notamment grâce ses deux téléphones, un iPhone 7 et un mobile retrouvé dans sa veste. Abdallah el-Hamahmy, qui risque une infection pouvant mettre en péril son pronostic vital, n’a pas pu être entendu mardi. Son état de santé s’étant fortement dégradé dans la journée, sa garde à vue a été levée mardi en fin de journée.

Dans la soirée, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire des chefs de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes avec délivrance d’un mandat d’amener.

Avec lefigaro.fr


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