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Tortures, exécutions, détentions : le rapport qui accable l’armée camerounaise dans sa lutte contre Boko Haram
Publié le 14-07-2016 - à 16:39' par IGIHE

A la lecture du dernier rapport d’Amnesty International sur le Cameroun, on résiste mal à la tentation de se demander qui, de Boko Haram ou des forces armées camerounaises, fait le plus de victimes. Pour l’organisation terroriste, c’est environ 500 civils en 2015 et 480 depuis le début 2016. Dans la moitié des 46 attentats-suicides de la secte djihadiste ces derniers mois, ce sont des filles qui transportaient et déclenchaient les explosifs.

Boko Haram a délibérément visé des civils par des attaques contre des marchés, des mosquées, des églises, des écoles et des gares routières. Les attaques ont atteint leur paroxysme entre novembre 2015 et janvier 2016. On en dénombrait alors une tous les trois jours.

Pour les victimes des forces de sécurité, le décompte est plus difficile. Les chercheurs d’Amnesty ont multiplié les entretiens, plus de 200, analysé les images satellites d’un village dont les maisons ont été incendiées par les forces de sécurité, assisté à des procès devant le tribunal militaire de Maroua, le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, et ont eu accès à des documents judiciaires. Leur rapport, intitulé « Bonne cause, mauvais moyens : atteintes aux droits humains et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun », publié jeudi 14 juillet à Yaoundé, fait suite à un précédent de septembre 2015. Il est néanmoins beaucoup plus accablant pour les autorités et les forces de sécurité camerounaises. En voici les points principaux. Le rapport complet, avec tous les témoignages, est à lire ici.

Disparitions forcées et détention au secret Amnesty International a recueilli des informations concernant 17 cas de disparitions forcées récentes au nord du Cameroun, en plus de 130 habitants des villages de Magdeme et Doublé, dont on reste sans nouvelles depuis décembre 2014. En outre, 40 personnes sont détenues au secret dans des centres de détention non officiels, en particulier dans des bases militaires du Bataillon d’intervention rapide (BIR, les forces spéciales camerounaises).

Exécutions extra-judiciaires En novembre 2014, lors d’une opération dans le village de Bornori, des hommes du BIR ont exécuté illégalement au moins sept civils non armés et ont arrêté 15 hommes, avant de revenir dans les semaines suivantes pour incendier des maisons.

Morts en détention Les 15 hommes arrêtés à Bornori ont été emmenés à la base du BIR à Salak, près de Maroua, où ils ont été détenus au secret pendant une vingtaine de jours. Beaucoup y ont été torturés et l’un d’eux est décédé. Ils ont ensuite été transférés à la prison de Maroua, où quatre autres sont morts.

Brutalités contre les civils. Lors d’une autre opération en juillet 2015 à Kouyapé, des soldats de l’armée régulière ont rassemblé environ 70 personnes avant de les agresser. Un soir du même mois, un soldat a tiré dans la jambe d’un étudiant de 19 ans à Koza, car il ne voulait pas donner le code de son téléphone après avoir été arrêté par une patrouille.

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