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Génocide des Tutsi du Burundi en cours : Officiels burundais s’en prennent auRwanda
Publié le 22-08-2016 - à 11:19' par Jovin Ndayishimiye

On assiste ces derniers jours à la radicallisation du discours négationniste des officiels burundais pour un régime battant de l’aile. Pourtant le génocide des Tutsi du Burundi est bien documenté par les différents rapports onusiens et des convocations d’autorités burundaises qui restent pantoises par la FIDH. Pierre Nkurunziza en personne ne cache pas ses sentiments de haine envers ses pauvres Tutsi.

En ce 20 août 2016, il a fêté une année de son troisième mandat contesté . Dans son discours de circonstance, il a tenu à exprimer beaucoup de gratitude à la jeunesse de son parti IMBONERAKURE. Il a aussi lancé des menaces à peine voilées contre des ennemis de sa nation. Son discours s’est propagé avec une fulgurance sans pareille.

Il a été repris le lendemain par les jeunes IMBONERAKURE de la Province Cibitoke (Nord Ouest) frontalière avec le district Rusizi du Rwanda. Ces derniers ont organisé des manifestations reprenant le discours incendiaire de leurs dirigeants contre le Rwanda.

"Les quelques tutsi tués sont rien par rapport aux 500.000, un million de hutu tués..." !!!

Retranché à Gitega, ville intérieure du pays, Pierre Nkurunziza, égrène insidieusement un discours génocidaire. Il semble lier son pouvoir à une reprise en main du pouvoir public par des personnalités marquées par l’histoire mouvementée du Burundi. Le Président évoque, dans une logique délibérément de confrontation ethnique hutu-tutsi, des périodes d’insécurité qui ont émaillé l’histoire du Burundi. Où veut-il arriver ?

« Pour les Burundais des temps anciens et ceux d’aujourd’hui, aucune nouvelle leçon en cela, au regard des pleurs, de la misère et les malheurs encourues dans les années sombres de 1961, 1965, 1969, 1972, 1988, 1991et en 1993. Ces années n’ont rien de semblable avec ce qui s’est passé l’année dernière (2015), car il s’est passé ces années-là des crimes innommables », annonce-t-il comme pour mettre le feu aux poudres faisant allusion au fait que les « quelques » milliers de Burundais, la plupart étant des Tutsi, opposés à son 3ème mandat, n’ont aucune commune mesure avec des « 500.000, un million de hutu tués dans les pogroms » de ces années citées.

Le génocide annoncé par Bigirimana

Son bras droit Jacques Bigirimana, invité au débat de la VOA Kirundi de ce dimanche 21 aoùt, dévoile sans le vouloir tout le plan machiavélique d’extermination des Tutsi et des hutu opposés au régime Nkurunziza. Tout est calqué sur le modèle de la situation socio politique rwandaise des années 1992-1994 qui a érupté dans le génocide contre les Tutsi du Rwanda d’avril-juin 1994.

« Aucun génocide n’est en cours au Burundi. Pierre Nkurunziza l’a dit. Il n’y aura pas de génocide au Burundi tant qu’il sera toujours en vie. Mais au cas où il est assassiné, que la suite des événements ne soit pas mise sur notre responsabilité », a déclaré Jacques Bigirimana, président du FNL (Forces Nationales de Libération)- Nyakuri. On est dans la logique de « Qui s’excuse s’accuse ».

CNARED appelle au secours international de Barundi en danger de génocide

Jérémie Minani, porte-parole du CNARED (Conseil National pour le Respect des Accords d’Arusha) trouve que cet inconditionnel de Pierre Nkurunziza a tout dit, que le génocide en cours au Burundi y va sans fracas. On tue petit à petit loin de toute publicité de ce crime contre l’humanité.

« Le récent rapport d’experts onusien vient de publier un rapport montrant que ce qui se passe au Burundi ressemble au génocide, nous du CNARED n’avons jamais cessé de montrer que ce projet de génocide est en cours, des fosses communes … le projet génocidaire continue et rien ne l’arrête. Les gens sont tués de par leur ethnie tutsi : des militaires tutsi tués sauvagement, arrêtés et emprisonnés dans des centres de détention illégaux… mais le vrai génocide est à venir. Que l’ONU fasse tout son possible pour arrêter ce génocide », confie Minani au journaliste de laVOA.

« Jacques Bigirimana est un grand ami de Pierre Nkurunziza. Il dit ce qu’il sait. Il a ainsi dévoilé un plan secret de génocide. Il a dit qu’on est au courant qu’il y a un plan d’assassinat du Président Nkurunziza, sont dressées des listes de gens qui sont opposés au 3è mandat, eux et leurs familles, les tutsi burundais. Il a dit que la situation sera une réédition de la rwandaise de 1994. Tout est dit. La Communauté internationale ne dira plus qu’elle n’a pas été avertie. Ceci est possible. Jacques a dit ce qu’il sait. Des Fdlr sont mêlés aux Imbonerakure dans la Police qui veille au Président Pierre Nkurunziza. Ce sont ceux là qui vont faire la solution finale. On sait la haine que Nkurunziza voue aux tutsi. Ce génocide est essentiellement dirigé contre eux mais aussi il y a des milliers de Hutu qui sont contre son troisième mandat qu’il ne va pas tolérer », a dit Jérémie sur VOA.

Rwanda, bouc émissaire

Le discours incendiaire des dirigeants burundais attaque le Rwanda de Paul Kagame. Il devient l’origine de tous les malheurs burundais. Pire, les attaques en question sont une négation du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994. Un certain Pascal Nyabenda, président du Parlement burundais va jusqu’à parler « des montages génocidaires ont été mis au point contre le gouvernement hutu de Kigali » de l’époque dans le but de lui attribuer la responsabilité du génocide 1994.

De telles déclarations sont sévèrement jugées par des chercheurs qui trouvent que ce discours hilarant cache une criminalité d’Etat qui n’a d’autre nom que…

« Là, on est très près du négationnisme du génocide. Parce qu’ici en substance le président du CNDD-FDD dit qu’il n’y a pas eu de génocide mais que c’est en fait le vainqueur de la guerre civile au Rwanda en 94 qui a manipulé tout cela. C’est une accusation qui, du côté rwandais, doit être perçue comme extrêmement grave parce que toute la légitimité du FPR repose sur le fait qu’il a défait les forces du génocide. Donc c’est un langage qui est très rarement utilisé même par ceux qui, au Rwanda, sont soupçonnés d’avoir participé au génocide. Donc ça va vraiment très loin », a dit Filip Reytngens de l’Université d’Anvers qui trouve que cette violence du discours burundais officiel dénote

« L’augmentation de la tension, délibérée, me semble-t-il, est tout à fait claire. Ça ne m’étonne pas dans ce sens que l’on voit cette création de tensions entre les deux pays qui s’aggrave. Et je pense que c’est surtout parce que le régime burundais est aux abois. Il a choisi la voie de l’isolement. »

Des listes dressées, le signal attendu pour la solution finale

Cet isolement mais aussi le fait que le pouvoir burundais est au bord de la faillite totale est très dangereux pour les citoyens qui sont électrisés contre le Rwanda considéré comme source de leurs maux. Le régime a su détourner leur attention des vraies causes de la crise et des vrais auteurs de l’actuel chaos burundais.

Le bouc émissaire devient les quartiers contestataires dits Tutsi. Ces derniers sont barricadés par les policiers du régime. Les ménages de frondeurs sont fichés. Des militaires Tutsi ex-FAB (Anciennes Forces Armées Burundaises) sont listés et éliminés un à un.

Dans la province de Cibitoke (Nord Ouest du pays), une manifestation a été organisée et encadrée sur le style Interahamwe des années 1993-1994. Les badauds lançant des slogans menaçants contre le Rwanda félicitent le Congrès du CNDD-FDD au pouvoir d’avoir élu un Gén. Evariste Ndayishimiye à la tête du parti.

« Avec Ndayishimiye nous irons au Rwanda ramener nos opposants pour les juger », disent les manifestants de ce dimanche 21 août 2016 dévoilant ainsi le fait qu’ordonnés par le Général et Nkurunziza d’envahir le Rwanda, ces jeunes Imbonerakure ne tergiverseraient pas.
Cette manifestation aura montré qu’un régime en faillite totale peut commettre l’innommable.


Kwamamaza
Commentaires

Bamenye aho benewabo interahamwe ziri unumunsi !! Ntawumena amaraso ngo agire amahoro

Répondre22.08.2016 à 15:24
Niki

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