Un street artiste transforme le mur entre les États-Unis et le Mexique en œuvre d’art

Redigé par IGIHE
Le 5 février 2018 à 10:40

À l’initiative de l’artiste mexicain Enrique Chiu, un collectif a entrepris de battre le record du monde de la plus grande fresque murale en transformant le mur frontalier entre San Diego, aux États-Unis, et Tijuana, au Mexique, en œuvre d’art.

Quand Donald Trump a promis durant sa campagne de construire un "grand et beau mur", ce n’était sans doute pas ce qu’il avait en tête. Depuis 2017, un artiste mexicain, Enrique Chiu, subvertit l’idée d’un mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique en le transformant en support artistique. Son objectif : la création collective de la plus grande fresque murale au monde.

La création de ce "mur de la fraternité", Enrique Chiu l’a commencée près de chez lui, à Tijuana, dès 2013. À cette extrémité ouest de la frontière, le rêve de Trump est déjà réalité : il a été construit dès 1994 par l’administration Clinton à l’occasion de l’opération Gatekeeper.

Ce mur frontalier, Enrique Chiu le trouvait moche et mal-entretenu. "Je voulais simplement l’embellir", se souvient l’artiste de 36 ans, interrogé par France 24. "Puis, chaque année, une association me demandait de venir peindre une section du mur pour promouvoir une image positive de l’immigration : les Border’s Angel, les mères des Dreamers… En 2016, l’idée est devenue virale et, devant l’avalanche de messages, j’ai décidé de me lancer dans ce grand projet."

Aujourd’hui, Enrique Chiu et ses soutiens ont déjà peint une section de 2 000 mètres de long et de 6 mètres de haut entre Tijuana et San Diego. Mais aussi 500 autres mètres à Tecateet à Mexicali, deux autres villes frontières. Ils se rapprochent doucement du record détenu par la fresque de Pueblo Levee, dans le Colorado, longue de 3,2 kilomètres de long.

L’œuvre est collaborative. Enrique Chiu propose à chacun d’apporter son pinceau à l’édifice pour compléter la fresque. "Plus de 2 730 personnes ont déjà participé à l’œuvre", se félicite le peintre. "Nous voulons que ce mur qui divise deviennent le facteur qui rassemble. C’est pour cela que nous le remplissons de messages, de symboles, de dessins colorés… Que du positif !"

Et si peindre les 3 200 kilomètres de frontières semblent trop ambitieux pour le Mexicain, ils espèrent au moins œuvrer à chacune des villes frontières.


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM

Publicité