Trois points qui expliquent la panique du régime Nkurunziza en ce début septembre 2017.

Publié par IGIHE
Le 4 septembre 2017 à 11:46
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1. Le budget 2018.

Octobre verra l’ouverture de la session budgétaire du Parlement. Des émissaires de Bujumbura sillonnent l’Asie à la recherche de nouveaux partenariats. En effet, contrairement à ce que croit l’opinion, le Burundi avait continué à bénéficier jusqu’ici de l’aide de l’Union Européenne et de la Belgique, en exécution des contrats qui étaient en cours. Mais beaucoup de contrats arriveraient à échéance après 2017, aucune nouvelle convention n’a été signée entretemps. A partir de 2018, si rien n’est fait dans l’urgence, le Burundi commencera à subir sensiblement les effets des sanctions de l’UE. Nkurunziza veut remplacer les bailleurs traditionnels, mais avec qui ? Panique dans la maison.

2. La perspective de l’enquête de la CPI.

La Commission indépendante d’enquête sur le Burundi présentera son rapport final ces 18-19 septembre 2017 devant le Conseil des Droits de l’Homme à Genève. C’est désormais un secret de polichinelle, la Commission croit que des crimes contre l’humanité sont commis au Burundi depuis avril 2015 et demande à la CPI d’ouvrir son enquête dans les plus brefs délais. Au niveau de la CPI, la Procureure Fatou Bensouda a déjà saisi les juges pour demander l’autorisation d’enquêter sur le Burundi. Nkurunziza et sa clique sont conscients que l’heure est grave. Ils peuvent jouer avec tout, mais ils savent très bien les conséquences qui résulteraient des mandats d’arrêts émis par la CPI. Pierre Nkurunziza envisagerait même de lâcher certains de ses proches collaborateurs et de négocier son immunité personnelle. Il voudrait aussi jouer la carte de la négociation pour stopper le processus de la CPI en faisant croire que l’ouverture des enquêtes et des poursuites freineraient l’élan vers le processus d’Arusha. Une analyse complètement fausse. Un grand analyste de la situation politique burundaise est plutôt d’avis que l’ouverture de l’enquête de la CPI donnerait un coup d’accélérateur au processus d’Arusha : l’unité du régime serait mise à rude épreuve et Nkurunziza engagerait une course rapide vers un accord pour sauver certains de ses intérêts.

3. L’incertitude du soutien de la Tanzanie.

Depuis la rencontre Magufuli-Nkurunziza à Ngara le 20 juillet dernier, on attend toujours une manifestation des Imbonerakure pour saluer la seule sortie hors du Burundi de Pierre Nkurunziza depuis plus de deux ans ou bien le soutien du grand frère tanzanien. Plutôt l’heure est à la crispation. En aparté, les proches de Nkurunziza désignent désormais les autorités tanzaniennes par "abo baswahili" qui, en Kirundi, signifient en fait "ces menteurs". Le cercle restreint autour de Nkurunziza serait très déçu et commence à craindre la perspective d’un embargo régional comme en 1996. La Tanzanie peut-elle aller jusque-là ? Ce serait un élément déterminant pour la suite des négociations inter-burundaises.

La panique, Nyamitwe l’a déjà exprimée dans un tweet le 1er septembre 2017 : "aujourd’hui est le 1er jour du mois durant lequel l’occident jouera sa dernière carte pour la déstabilisation du #Burundi". Face à cette panique, Pierre Nkurunziza demande aux burundais de prier, prier et prier. Conserver chacun sur sa table au salon et devant son lit "une pierre avec l’inscription d’un verset biblique et la date du 18 août 2017". Amenez une très grande pierre de trois tonnes sur le lieu de la croisade à Gitega avec la même inscription. Une façon de dire, remplacez vos têtes par des pierres, je ne vois plus d’issue ! Trois points qui expliquent la panique du régime Nkurunziza en ce début septembre 2017.


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