Kenya : l’examen anal pour déterminer l’homosexualité est légal, selon la Haute cour de Mombasa

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 13 août 2016 à 12:49
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La Haute cour de Mombasa, au sud-est du Kenya, a rejeté jeudi une requête contestant la légalité de l’examen anal pour confirmer l’homosexualité supposée d’un homme, confortant cette pratique condamnée par les organisations de défense des droits humains.

La question avait été soulevée par deux hommes qui récusaient le droit de la police à mener de tels examens, après avoir été forcés à subir une telle pratique. Au Kenya, l’homosexualité est illégale et est passible d’une peine de 14 années d’emprisonnement, même si des poursuites sont rarement menées.

Une décision de justice « inacceptable »

« Il n’y avait aucun autre moyen qu’une analyse anale pour que des preuves de leur homosexualité puissent être obtenues », a déclaré le juge de la Haute cour de Mombasa, Anyara Emukule. Les deux hommes devraient faire appel de ce jugement.

Ce dernier est « non seulement inacceptable, mais aussi choquant par son mépris des obligations internationales en matière de droits de l’Homme », a réagi Amnesty International.

Un examen qui « viole les lois internationales »

« L’examen anal forcé d’hommes soupçonnés de relations homosexuelles est odieux et viole les lois internationales relatives à l’interdiction de la torture et autres mauvais traitements », a dénoncé Muthoni Wanyeki, directrice régionale d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est.

Avant d’ajouter : « C’est également absurde car ce n’est pas le rôle du gouvernement de prouver ou d’infirmer qu’il y a eu une activité homosexuelle consentante. C’est une violation du droit à la vie privée », a-t-elle ajouté.

Le Kenya viole ses engagements internationaux

Ce jugement viole plusieurs traités ratifiés par le Kenya, comme la Convention contre la torture, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, a encore dénoncé Amnesty International.

Le chef de la Commission nationale kényane des droits humains des gays et lesbiennes, Eric Gitari, a qualifié ce genre d’examens d »‘inhumains ». L’interdiction de l’homosexualité « a inondé la société kényane avec les eaux du préjugé, de la haine et de la honte », avait-il auparavant écrit.

Le Kenya n’y échappe pas : les cas d’attaques d’hommes et femmes homosexuels violés pour les « guérir » se sont multipliés. L’homophobie y reste un problème majeur et la réponse des autorités à « des agressions collectives ou à d’autres formes de violences contre les homosexuels a été limitée », a noté dans un rapport récent l’organisation Human Rights Watch.

jeuneafrique


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