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Sénégal : la Banque mondiale modernise le transport urbain à Dakar

Redigé par IGIHE
Le 28 mai 2017 à 05:36

Une enveloppe de 184 milliards de Fcfa sera mobilisée pour le financement d’un projet de transport en commun au Sénégal. Un système de transport « intelligent », doté d’une importante flotte de bus pouvant transporter 300 000 passagers quotidiennement à Dakar, la capitale du pays.
Jusqu’à maintenant, quitter Guédiawaye ou Pikine, deux quartiers de la banlieue de la capitale sénégalaise, pour se rendre à son lieu de travail, au centre-ville de Dakar, est un véritable cauchemar pour les Dakarois. Il faut se (...)

Une enveloppe de 184 milliards de Fcfa sera mobilisée pour le financement d’un projet de transport en commun au Sénégal. Un système de transport « intelligent », doté d’une importante flotte de bus pouvant transporter 300 000 passagers quotidiennement à Dakar, la capitale du pays.

Jusqu’à maintenant, quitter Guédiawaye ou Pikine, deux quartiers de la banlieue de la capitale sénégalaise, pour se rendre à son lieu de travail, au centre-ville de Dakar, est un véritable cauchemar pour les Dakarois. Il faut se lever très tôt et s’entasser ensuite dans les bus « TATA ». C’est pratiquement la seule option qui s’offre aux milliers d’habitants de ces quartiers pour se rendre « en ville ». Mais bientôt, ces banlieusards ne seront plus obligés de se réveiller à 5h du matin de peur d’arriver en retard « au bureau ». Le groupe de la Banque mondiale a en effet approuvé, ce jeudi 25 mai, le financement du projet pilote de bus rapides sur voie réservée (BRT) pour pallier ce manque de transports publics.

300 000 passagers par jour

Le coût de l’investissement est estimé à 184 milliards de Fcfa. Une partie de cette enveloppe sera destinée à l’acquisition d’une nouvelle flotte de bus dont le nombre n’est pas encore précisé. Et pour qu’ils puissent circuler de manière plus fluide en zone urbaine, le projet prévoit l’installation d’une ligne « intelligente » de 18,4 km, dotée de 20 stations et trois terminaux capables de supporter de manière optimale les opérations de transport de 300 000 passagers par jour et 27 000 pendant les heures de pointe.

Le BRT réduira « de près de moitié la durée des trajets dans les transports publics, entre la préfecture de Guédiawaye et la gare routière de Petersen dans le centre de Dakar », a estimé la BM dans un communiqué.
Mais le BRT ne vise pas uniquement à réduire la durée des trajets dans les transports publics. Le confort des passagers, la qualité du service et un prix abordable font également partie des objectifs du projet de la Banque mondiale, comme le confirme Mansour Elimane Kane, ministre sénégalais des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement.

« Le BRT améliorera substantiellement les conditions de déplacements dans l’agglomération dakaroise qui compte actuellement 3,5 millions d’habitants et qui devrait en avoir 5 millions en 2030 », a indiqué le ministre.

Des milliers d’emplois à pourvoir

Outre ces aspects bénéfiques pour les populations, ce système de transport en commun, moins polluant, permettra à de nombreux jeunes sénégalais de trouver du travail. « Les emplois qualifiés créés par les opérations de BRT offriront davantage d’opportunités professionnelles aux femmes. Par ailleurs, les opérateurs de transport locaux, qui vont assurer le transport des usagers vers les lignes du BRT, auront l’opportunité d’être actionnaires dans le capital de l’opérateur BRT », a déclaré Louise Cord, directrice des opérations de la BM au Sénégal, soulignant aussi que l’environnement des affaires dans le pays bénéficiera du succès de ce partenariat public-privé (PPP).

Un secteur qui se modernise

Cependant, il faut noter que ce projet de la Banque mondiale entre dans le cadre de la politique d’assainissement du secteur du transport urbain au Sénégal, notamment à Dakar. Le pays dispose d’une compagnie de transport en commun appelée « Dakar Dem Dikk » ou « DDK ». La compagnie est dotée d’une flotte,de plus de 400 bus. Récemment, son service s’est démocratisé avec la nouvelle offre, Sénégal Dem Dek, de nouvelles lignes reliant Dakar aux autres villes du pays. Autour de DDK, gravitent de nouvelles compagnies privées et les traditionnels transporteurs appelés aujourd’hui à moderniser leurs services. Les fameux « cars-rapides », des camionnettes de marque Renault, appelées communément « S’en fou la mort » à cause de leur mauvais état, tout comme les « Ndiaga Ndiaye », ces minibus de marque Mercedes de couleur blanche et plus ou moins confortables, seront réformés en 2018.

Avec Afrique Tribune


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