Russie : de nouvelles mesures pour mieux contrôler l’accès à internet

Redigé par Olgta Ishimwe
Le 7 août 2017 à 04:15
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Les autorités russes viennent de prendre une série de mesures pour mieux contrôler l’accès à internet. Le parlement russe a voté fin juillet plusieurs lois qui vont entrer en application en novembre 2017, et en janvier prochain, afin de supprimer l’anonymat des utilisateurs et de renforcer la censure.

C’est au nom de la sécurité intérieure que le parlement a voté ces textes en plein milieu de l’été. Une loi interdit l’anonymat sur internet, ainsi que l’utilisation des VPN, ces réseaux virtuels privés qui permettent d’avoir accès à des sites bloqués.

La loi oblige également les moteurs de recherche à masquer les liens vers les sites bloqués et exige des entreprises qu’elles empêchent la diffusion de contenu illégal sur leur plateforme. Ce texte doit entrer en vigueur en novembre 2017.

Un autre texte concernant les messageries, comme Telegram, Viber ou WhatsApp, exige de l’opérateur qu’il établisse l’identité de l’utilisateur au moyen de son numéro de téléphone. Ce texte entrera en vigueur en janvier 2018.

Un premier administrateur accusé d’appels à la violence

Mais les autorités russes avaient commencé à sévir avant même le vote de cette loi. Ainsi un professeur de mathématiques, Dimitri Bogatov, a déjà fait trois mois de prison et il est maintenant en résidence surveillée car il est administrateur d’un nœud du réseau TOR qui permet de naviguer sur internet de façon anonyme.

Il est accusé d’avoir écrit des messages appelant à la violence car ils proviennent de son adresse IP, qui est aussi celle du nœud qu’il administre, et qui est donc utilisée par des milliers d’autres internautes.

Une « folie » selon le médiateur pour l’internet auprès du président russe

Un millier de personnes sont sortis manifester dans les rues de Moscou pour dénoncer cette nouvelle atteinte aux libertés, ce qui n’est pas mal en plein cœur de l’été.

Les organisations Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent de nouvelles atteintes à la liberté d’expression. Amnesty met, par exemple, en avant les difficultés que les minorités sexuelles ou religieuses vont avoir sur internet si elles ne peuvent y accéder de façon anonyme.

Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden, qui vit refugié en Russie depuis quatre ans, a parlé de « tragédie politique ».

Et même le médiateur pour l’internet auprès du président russe, Dimitri Marinitchev, a qualifié cette loi de « folie ». « C’est une persécution de nos propres citoyens, comme si on leur interdisait de mettre une serrure à leur porte », a-t-il déclaré.

Des mesures qui ne seront pas totalement efficaces

Certains doutent que ces mesures vont réellement être efficaces en matière de sécurité.

D’abord le VPN sera autorisé pour les entreprises qui ont leur propre réseau. A ce sujet, Dimitri Marinitchev se demande comment l’autorité de régulation va distinguer un VPN commercial d’un VPN pour contourner les blocages.

Et, chaque jour, apparaissent de nouveaux serveurs qui permettent de contourner les blocages. Mais ce sera plus difficile. Les plus malins y arriveront et les autres seront réprimés

Avec Rfi


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