Rapport Muse : informations accablantes sur la conduite des officiers français au Rwanda durant les années 1990

Redigé par IGIHE
Le 13 décembre 2017 à 12:02

De nouveaux détails sont apparus dans un nouveau rapport signalant l’implication de la France dans la planification et l’exécution du génocide de 1994 contre les Tutsis.

Le rapport, publié mercredi par le gouvernement rwandais, est le résultat d’une enquête menée par le cabinet d’avocats Cunningham Levy Muse LLP à Washington ; documente le rôle et les connaissances des responsables français dans le génocide le plus rapide au monde qui a fait plus d’un million de morts. les gens dans un espace d’une centaine de jours.

Les responsables français ont facilité le flux d’armes vers le Rwanda dans la période précédant le génocide, bien qu’ils soient au courant des attaques violentes contre le groupe minoritaire tutsi dans le pays, indique le nouveau rapport.

Malgré cette connaissance des massacres récurrents des Tutsis au début des années 1990, les autorités françaises ont permis aux génocidaires (génocidaires) de se rencontrer au sein de l’ambassade de France à Kigali et de former le gouvernement intérimaire qui présidait le Rwanda pendant le génocide. .

Il ajoute que les communications privées entre les responsables français révèlent que l’opération Turquoise, une mission militaire française déployée au Rwanda au plus fort du génocide et présentée comme une mission humanitaire "avait pour objectif militaire de soutenir le gouvernement intérimaire responsable du génocide, et empêcher son retrait par le Front patriotique rwandais, qui a arrêté les atrocités en juillet 1994 ".

Le rapport cite également les efforts continus des responsables français pour protéger les auteurs du génocide contre la justice. "Les autorités françaises ont mis en sécurité les présumés génocidaires et entravé les tentatives de les traduire en justice à divers moments au cours des 23 années écoulées depuis le génocide", indique le communiqué.

Il indique également que "les autorités françaises ont refusé de déclassifier et de rendre publics les documents indispensables à la pleine compréhension de l’activité des responsables français au moment du génocide, et de permettre au public d’enfin connaître la vérité".

La France n’a ni réussi à extrader ni à poursuivre la majorité des dizaines de suspects de génocide résidant dans le pays, ajoute-t-il.

La nouvelle enquête remet en question une enquête de la Commission parlementaire française de 1998 sur le rôle des responsables français dans le génocide au Rwanda, affirmant que l’enquête n’était "ni transparente ni complète".

Le rapport Muse se fonde uniquement sur des informations disponibles dans le dossier public et conclut qu’il existe des preuves pour étayer les allégations d’implication étrangère dans le génocide, y compris celle des responsables français, ajoutant que les acteurs français continuent à miner la responsabilité du génocide.

"Le rapport, qui a été partagé avec le gouvernement français, a été annoncé en novembre 2016, pour enquêter de manière approfondie sur la responsabilité des responsables français à l’égard du génocide", selon un communiqué publié par le gouvernement. .

Réagissant au dernier rapport, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a déclaré que le Rwanda était d’accord avec les conclusions du rapport, qu’elle décrit comme "un résumé accablant de la conduite des fonctionnaires français au Rwanda pendant les années 1990 et après".

"Nous sommes d’accord avec la recommandation du rapport selon laquelle une enquête approfondie sur le rôle des responsables français dans le génocide est justifiée", a-t-elle déclaré dans la déclaration.

"La clarté historique est cruciale et nous concerne tous. Le gouvernement du Rwanda a commandé le rapport Muse pour informer notre enquête en cours sur le rôle des responsables français avant, pendant et après le génocide ", a déclaré Mushikiwabo.

Elle a ajouté : "Nous avons transmis le rapport Muse au gouvernement de la France, qui a des responsabilités à assumer. C’est aussi une opportunité pour les autorités françaises de mieux collaborer avec le Rwanda dans la recherche de la vérité, de la justice et de la responsabilité concernant le Génocide contre les Tutsis. "

La France et le Rwanda entretiennent des relations difficiles depuis que le FPR a arrêté le génocide et vaincu le régime génocidaire en juillet 1994. Drepuis, la France hésite à accepter sa responsabilité dans les massacres, alors que de nombreux fugitifs continuent à vivre librement dans le pays.

Le plus proche que la France est venue à reconnaître son rôle dans le massacre était en février 2010 lorsque le président Nicolas Sarkozy a admis lors d’une visite au Rwanda que son pays avait commis de « graves erreurs de jugement » dans les jours précédant et pendant le génocide.

Une précédente enquête du Gouvernement rwandais a également mis en rapport des dizaines de dirigeants politiques et militaires français au génocide.


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