Qui est Tedros Adhanom, le premier Africain à prendre les rênes de l’OMS ?

Publié par IGIHE
Le 24 mai 2017 à 04:21
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Une victoire historique pour l’Afrique ! Élu ce mardi 22 mai lors de la 70ème Assemblée mondiale de la santé à Genève où il a damé le pion à ses deux rivaux, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus va prendre les rênes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) jusqu’en 2022. Pour la première fois depuis sa création en 1948, l’OMS sera dirigée par un fils d’Afrique. Voici le visage du symbole de cette victoire.

« Quand l’Afrique parle d’une seule voix, elle gagne ».

Comme un présage avant l’heure, ce bout de phrase de Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine, s’est finalement réalisé. A 52 ans, les cheveux poivre-et-sel, Tedros Adhanom prendra, officiellement en juin prochain, la succession de la Chinoise Margaret Chan, à la tête d’une des organisations mondiales les plus influentes du système onusien.

Une candidature portée par une Afrique unie

Sa candidature portée à bout de bras par l’Union africaine (UA) aura donc résisté aux rumeurs persistantes sur la dissimulation supposée d’épidémies de choléra dans son pays. Des accusations balayées par son passage remarqué, entre 2005 et 2012, au ministère éthiopien de la Santé où son bilan est encore reluisant pour son combat en faveur de la baisse de la mortalité infantile et du recul du VIH/Sida.

Ses premières classes à l’international, Tedros Adhanom les fait au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dont il dirige le Conseil d’administration pendant quatre ans. Avant ce fait d’armes, ce biologiste diplômé des Universités d’Asmara, de Londres et de Nottingham, a fréquenté les laboratoires du ministère de la Santé où il s’est illustré dans la recherche contre le paludisme. Cette expérience lui servira plus tard à intégrer la présidence du Partenariat Roll Back Malaria (2007-2009) et du Conseil de coordination du programme ONUSIDA (2009-2010).

Pourtant, plus que son expérience accumulée au cours d’années de recherches, c’est une histoire personnelle marquante qui le propulse dans la course au fauteuil de l’OMS. La mort de son frère à l’âge de 7 ans par manque de médicaments, détaillée lors de son discours de quinze minutes à la tribune du Palais des Congrès de Genève, a provoqué le déclic. « Cela aurait pu être moi », détaille cet ancien ministre des Affaires étrangères (2012 à 2016) conforté dans sa conviction de « refuser d’accepter que les gens meurent parce qu’ils sont pauvres ».

Des travaux d’Hippocrate importants

Les défis sont pourtant énormes pour Tedros Adhanom. Il prend les rênes d’une OMS marquée par une décennie de règne léthargique de la Chinoise Margaret Chan. A l’heure où il se dirige vers son fauteuil, son continent d’origine est confronté à la « résurgence » d’Ebola qui a déjà décimé 11.000 personnes entre 2013-2016, aux maladies endémiques, au paludisme et à d’autres maladies.

Une urgence sanitaire pour laquelle Tedros Adhanom promet, comme ses prédécesseurs avant lui, « de travailler sans relâche pour concrétiser la couverture sanitaire universelle » mais aussi de renforcer le système d’urgence sanitaire mondiale. Un programme titanesque qui nécessite une charge de défibrillateur dans la gestion de l’OMS. Mais ce n’est pas au Dr. Adhanom qui s’apprête à entrer dans la salle d’une des agences onusiennes les plus influentes du monde, qu’on apprendra à manier le bistouri.

Avec AfriqueTribune


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