Procès Habré : la question de l’indemnisation des victimes n’est pas réglée

Redigé par IGIHE
Le 28 avril 2017 à 09:48
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Hissène Habré, 74 ans, finira donc ses jours en prison. Ce lundi, lors de son procès en appel, les condamnations en première instance, sauf celle pour viol, ont été confirmées. L’ex-président, jugé pour son règne absolu sur le Tchad entre 1982 et 1990, est donc définitivement condamné à la prison à perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de tortures. Ce dossier judiciaire clos, aucun recours n’est possible, se pose la question des réparations pour les victimes.

Pour les victimes du régime de l’ancien président tchadien, dont la répression a fait environ 40 000 morts, cette condamnation définitive est un immense soulagement. C’est aussi la fin d’un long combat : « Nous sommes comblés de joie parce que durant plus de 25 ans de lutte, nous avons connu plusieurs obstacles, plusieurs menaces. Aujourd’hui, nous nous retrouvons comblés de joie, grandis, car c’est pour ça qu’on se battait : les veuves, les orphelins, et nous les rescapés, qui pendant ces 25 ans, nous croupissions dans notre misère, dans notre souffrance pour voir un jour cette vérité triompher au grand jour. Aujourd’hui, ce 27 avril 2017 nous comble de joie, car le droit a été dit ».

La cour d’appel a bien condamné Hissène Habré à indemniser ses victimes : « La chambre d’assises d’appel fixe le montant global de la réparation allouée aux parties civiles à la somme de 82 milliards de francs CFA, condamne Hissène Habré à payer le dit montant ». Mais le fonds qui dépend de l’Union africaine et qui doit donc gérer ses indemnisations est pour le moment complètement vide, explique Florent Geel de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) : « Il n’y a pas pour l’instant un seul Kopeck dans ce fonds. Donc c’est la responsabilité première de l’Union africaine qui a créé les Chambres africaines ».

« Traquer » l’argent d’Habré}

Jacqueline Moudeina, avocate des victimes, regrette que la cour d’appel n’ait pas associé clairement les parties civiles à la gestion de ce fonds : « Mais nous, on aurait voulu être impliqués de plain-pied dans ce processus pour pouvoir aider à rendre ce fonds opérationnel pour le mettre à la disposition des victimes. C’est la grande bataille qu’on va mener après cette décision en appel ».

L’Union africaine a désormais une lourde responsabilité dans ce dossier indemnisation des victimes. Dans son arrêt, la cour d’appel a annoncé que c’est au fonds, donc à l’UA d’aller trouver, traquer l’argent, les biens, les comptes en banque, propriétés de Hissène Habré.

Avec rfi.fr


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