La Grèce accueille des réfugiés renvoyés par ses voisins

Redigé par Olga Ishimwe
Le 9 août 2017 à 12:57
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Pour la première fois depuis 2012, la Grève va accueillir des demandeurs d’asile renvoyés par d’autres pays européens.

Iannis Mouzalas, le ministre de l’Immigration, a indiqué dans une interview donnée à la chaîne de télévision privée grecque Skaï que l’arrivée de demandeurs d’asile refoulés par les voisins européens serait des « retours symboliques ». La Grèce aurait reçu 392 demandes. Dans un premier temps, 5 personnes devraient être renvoyées d’Allemagne, 3 de Suisse, 2 de Belgique et 1 des Pays-Bas.

Le système de « Dublin »

Le système de « Dublin » détermine quel Etat est responsable de l’examen des demandeurs d’asile en Europe. Il précise que c’est le pays par lequel le requérant est entré dans l’Union européenne qui doit examiner la demande d’asile. Dans les faits, si cette personne poursuit sa route, elle doit normalement être renvoyée dans le premier pays dans lequel elle a été contrôlée. Ce sont ainsi surtout l’Italie et la Grèce. Ce règlement européen doit ainsi éviter que des demandeurs d’asile déposent des demandes dans plusieurs pays.

Mais en 2016, la Cour européenne avait suspendu cette procédure, indiquant qu’un Etat membre ne pouvait pas renvoyer de demandeurs d’asile dans un autre Etat membre s’il courait un risque réel d’être soumis à des traitements inhumains ou dégradants. Elle se basait pour cela, en partie, sur une décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) opposant la Belgique à la Grèce.

La Belgique avait été condamnée pour avoir tenté de renvoyer un demandeur d’asile Afghan en Grèce, un pays où il avait été exposé aux défaillances du système d’asile et aux mauvaises conditions de détention. A l’époque, moins d’un pour cent des demandeurs d’asile obtenaient le statut de réfugié en Grèce et beaucoup se retrouvaient emprisonnés dans des centres de rétention pendant parfois plusieurs années pour le simple fait de ne pas avoir de papiers.

Le ministre grec de l’Immigration avait par la suite estimé que depuis l’accord entre l’Union européenne et la Turquie, qui a limité le nombre d’arrivée, cela va mieux, même s’il a reconnu que les choses ne sont pas parfaites. Sur les îles grecques de l’est de la mer Egée, réfugiés et migrants continuent d’attendre pendant des mois de savoir s’ils seront renvoyés en Turquie ou non. Ils vivent dans des conditions parfois très difficiles régulièrement dénoncées par les ONG.

Mais sur le continent, la situation a beaucoup changé depuis 2011. Aujourd’hui, plus de 43 % des demandeurs d’asile voient leur statut reconnu en Grèce en première instance et selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, sur le continent, 35 000 d’entre eux sont logés dans des camps, ou des appartements.

Un signal aux partenaires européens

Iannis Mouzalas a salué la décision de certains partenaires européens de respecter leurs obligations. Précisant que seules quelques dizaines de personnes seraient renvoyées en Grèce dans les prochains mois, mais qu’en échange près de 17 000 réfugiés avaient pu être envoyés légalement dans d’autres pays européens grâce à la procédure de relocalisations, à laquelle tout le monde n’a pas participé. 6 000 autres réfugiés devraient l’être d’ici septembre, date à laquelle ce système prendra fin.


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