L’ampleur de l’ingérence russe dans l’élection américaine est beaucoup plus importante qu’on ne l’imagine

Publié par IGIHE
Le 15 juin 2017 à 02:22
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Alors que la polémique ne s’est pas éteinte après les auditions respectives de James Comey et de Jeff Sessions, un nouveau rapport de Bloomberg accable l’entourage du président américain Donald Trump.

Le renseignement américain avait clairement établi en janvier que le Kremlin avait cherché à affaiblir Hillary Clinton au profit de Donald Trump pendant la campagne présidentielle. Ce que l’on ignorait par contre, c’était l’ampleur de cette ingérence telle que la décrit le blog américain Gizmodo, spécialisé dans les nouvelles technologies. D’après un rapport de l’agence Bloomberg, l’intrusion des Russes dans le fichier électoral est d’une importance sans précédent qui inquiètent les services de renseignement.

Dans l’Illinois, les enquêteurs ont démontré que les pirates russes avaient essayé d’effacer ou de modifier le fichier électoral. Ils ont eu accès à un logiciel conçu pour être utilisé par les assesseurs des bureaux de vote le jour du scrutin. Et dans au moins un État, ils ont réussi à accéder à une base de donnée sur le financement de la campagne. Les détails de ces attaques qui se sont déroulées en automne dernier ont été obtenus par Bloomberg grâce à trois sources proches de l’enquête que mènent les services de renseignement. « Au total, 39 États ont subi ces attaques », souligne l’une d’elle.

Les enquêteurs redoutent une récidive russe

Certaines de ces informations avaient été divulguées la semaine dernière par le magazine en ligne The Intercept. La NSA pointait directement la responsabilité du renseignement militaire russe dans ces attaques. Selon le rapport de Bloomberg, la portée et la sophistication des attaques sont telles qu’elles avaient inquiété des membres de l’administration Obama. Si bien que ces derniers avaient exprimé leur mécontentement au Kremlin par le biais du téléphone rouge, mettant en garde Moscou contre le fait que de tels agissements risqueraient fort de déclencher un conflit ouvert entre les deux superpuissances militaires.

Pour l’instant, aucun des rapports d’enquête consultés ne tire de conclusion hative quant à l’impact que ces attaques auraient eu sur le résultat final du scrutin. En revanche, le renseignement américain craint de nouvelles ingérences russes dans les processus électoraux à venir.

D’après Bloomberg, le cyberattaque russe de 2016 constituerait une sorte de test. Fort de ses connaissances sur le processus électoral américain, Moscou pourrait récidiver lors des législatives et de la prochaine présidentielle prévues respectivement en 2018 et en 2020. C’est aussi ce qu’avait laissé entendre l’ancien directeur du FBI James Comey, limogé début mai par l’administration Trump, lors de son audition la semaine dernière. « Ils récidiveront », avait-il averti.

La démocratie américaine en jeu

Une nouvelle attaque russe mettrait inélctablement en péril la démocratie américaine. « Non seulement, elle modifierait l’issue des scurtins, avertit Bloomberg, mais elle saperait aussi le crédit que les citoyens accordent plus au processus. »

En attendant que la justice américaine n’établisse un quelconque lien de l’administration Trump avec Moscou, le président américain continue de refuter les accusations contre son entourage affirmant qu’il n’y a pas la moindre preuve pour l’incriminer. Même son de cloche du côté russe. Vladimir Poutine nie également l’implication directe du Kremlin dans l’élection américaine. Même si récemment, il a laissé entendre que « des agents “patriotes” auraient pu commettre ces attaques de leur propre initiative. »

Avec Slate.fr


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