Kigali, Futur Hub de la BCP en Afrique de l’Est

Redigé par IGIHE
Le 28 septembre 2017 à 01:47
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La Banque Centrale Populaire considère le Rwanda comme son futur hub en Afrique de l’Est, selon son président, Mohamed Benchaaboun. La Banque Centrale Populaire (BCP) est en lice au Gabon et au Cameroun, mais n’est pas encore intéressée par l’Afrique australe. En Afrique de l’Est, un hub est prévu au Rwanda, une fois que les discussions pour l’acquisition de Bank of Kigali aboutiront. Interview avec son président, Mohamed Benchaaboun, qui fait également part de son scepticisme quant à la création d’une monnaie unique dans la CEDEAO.

Les Inspirations ÉCO : Il a été question d’implantation dans la zone CEMAC l’année dernière, notamment au Gabon et au Cameroun. Où en êtes-vous actuellement ?
Mohamed Benchaaboun : Sur le Gabon, nous avons une offre qui avait été présentée. Elle est en cours d’examen par les autorités du pays. Nous attendons leur accord. Vous savez dans le domaine bancaire, nous ne pouvons rien faire sans l’aval des banques centrales. Je le répète donc : notre offre est toujours valable. En ce qui concerne le Cameroun, d’ici la fin de l’année, nous allons entamer l’étude du dossier. Suite à cela, nous examinerons toutes les possibilités, mais le Cameroun reste évidemment un pays qui nous intéresse.

Que se passe-t-il avec la Banque de Kigali ? Le partenariat a-t-il été mis en stand by ?
Le Rwanda est toujours un pays que nous visons. Il n’y a aucun changement sur ce plan là.

L’Afrique de l’Est vous intéresse toujours donc ?

Justement, nous pensons faire en sorte que nos interventions en Afrique de l’Est puissent se faire à partir du Rwanda. On en ferait peut-être une sorte de hub à Kigali qui chapeaute toute la région Est du continent. Un peu comme notre hub en Afrique de l’Ouest à Abidjan.

Quid de l’Afrique australe ?

Non, pas pour l’instant. Il faut y aller en fonction des capacités du groupe. Justement, certaines agences de notation reprochent aux banques leur politique d’expansion agressive sur le continent…Personnellement, j’en ai reçu quelques-unes et qui ont été convaincues du fait que - dans le cas de notre groupe - la politique suivie est une politique prudente et n’a pas d’incidence notable ou significative sur la santé financière du groupe. Pour vous donner un exemple, nous avons investi jusqu’à présent environ 4 à 5% de nos fonds propres pour un impact de PNB de 13 à 14%. Cela reste un investissement qui est largement positif. Pour les développements futurs dans les zones où nous sommes déjà présents, nous sommes en train de chercher des capitaux qui viennent d’ailleurs, pas du Maroc. Nous avons une approche qui est globalement positive et qui ne remet pas en cause les équilibres financiers du groupe ici-même.

C’est ce qui explique la constitution de la provision complémentaire pour risque pays UEMOA ?

Entre autres. Nous sommes présents dans plusieurs pays africains. Nous avons décidé de mettre en place une provision pour risque pays en fonction d’un certain nombre de critères bien définis. Nous constituons des provisions pour tout pays qui a une notation en dessous de celle du Maroc, donc en dessous de l’« investment grade ». Selon les bonnes pratiques, il faut constituer cette provision. À ce jour, il n’y a aucune obligation, mais cela viendra et la banque sera déjà outillée pour gérer la situation. Donc par anticipation, le groupe BCP a commencé depuis deux ans à constituer une provision pour le risque pays que nous continuons à alimenter selon les règles qui ont été fixées en interne même si la réglementation ne les impose pas pour l’instant. L’encours actuel de cette provision s’élève à 500 MDH.

Que pensez-vous de l’intégration du Maroc dans la CEDEAO et la polémique autour de l’instauration d’une monnaie unique dans la région ?

C’est un sujet qui revient assez souvent sur la table, mais il n’y a pas de décision prise en ce qui concerne la monnaie. La monnaie unique n’est pas un sujet imminent mais cela reste une réflexion ouverte au sein de la CEDEAO. Il faut savoir que la CEDEAO regroupe essentiellement les pays de la zone UEMOA qui ont comme monnaie le Franc CFA, mais il y a également le Nigéria qui a sa monnaie locale tout comme le Ghana. Donc, il n’est pas évident d’établir une monnaie unique dans cette zone. À mon sens aujourd’hui, il est vraiment prématuré d’en parler. Par contre, ce qu’il faut retenir de cette démarche, c’est que le Maroc sera membre à part entière et que sa parole pèsera dans les décisions de la région

Avec RwandaPodium


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