Kenya : la Commission électorale dément le piratage de son système informatique

Publié par Olga Ishimwe
Le 10 août 2017 à 12:35
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La commission électorale kényane donne au compte-goutte les résultats de l’élection présidentielle. Sur près de 97% des bureaux de vote, le président sortant Uhuru Kenyatta est en tête avec 54% des voix, contre son rival Raila Odinga, 44%. L’opposant a dès mardi rejeté les résultats et dénoncé un piratage informatique. La tension est immédiatement montée d’un cran dans la rue, avec plusieurs morts, mais aussi sur les réseaux sociaux. Ce mercredi soir, la commission électorale dément le piratage de son système.

La Commission électorale kényane a démenti ce mercredi que son système de comptage de voix ait fait l’objet d’un piratage informatique comme l’a affirmé l’opposition, qui, sur cette base, a rejeté les résultats provisoires des élections générales de mardi. « Notre système de gestion des élections est sécurisé. Il n’y a eu aucune interférence interne ou externe à notre système, à quelque moment que ce soit, avant, pendant ou après le vote », a déclaré en conférence de presse Ezra Chiloba, président directeur général de la commission.

Plus tôt dans la journée, des violences ont éclaté par endroits. Dans la capitale, Nairobi, on déplore deux morts — deux personnes qui ont été tuées par balles dans le bidonville de Mathare. Selon un enquêteur sur place, l’une des victimes, un homme armé d’une machette, a été abattu alors qu’il se dirigeait vers un policier.

Dans l’est du Kenya, dans le comté de Tana River, deux hommes ont, là aussi, été tués par la police. Selon cette dernière, ils venaient d’attaquer un bureau de vote où se poursuivaient les opérations de dépouillement. Un certain nombre d’assaillants ont réussi à s’enfuir. Dans le district de Kissi, une personne a été tuée, selon des médias kenyans.

Vives tensions à Kisumu

Les tensions sont vives également à Kisumu, dans l’ouest du Kenya. Une vingtaine de policiers et deux canons à eaux sont restés postés toute la journée à l’entrée du bidonville de Kondele, quartier populaire de la ville, devant des barricades et des pneus en feu. Ils avançaient dans la rue principale chaque fois que les manifestants, armés de pierres se dirigeaient vers eux.

Le commissaire de police du comté, Titus Yoma, a expliqué à RFI que les jeunes, au moins une centaine, voulaient accéder au centre-ville pour y détruire des propriétés. « Nous les avons stoppés », conclut-il.

Il y a eu des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation. Mais jusqu’ici aucun blessé, et pas d’incident majeur. Mais à Kisii au sud de Kisumu, un manifestant aurait perdu la vie. Ce mercredi soir en tout cas, le calme règne dans le reste de la ville, même si l’appréhension est palpable.

Du côté des jeunes protestataires, le ton est dur. Ils reprennent des slogans utilisés en 2007, lors de la victoire contestée de Mwai Kibaki : « No Raila No peace » (Pas de Raila, pas de paix). Tous attendent dans la soirée un mot d’ordre de leur leader. S’il nous dit d’accepter les résultats, nous les accepterons disent-ils, sinon, nous pouvons créer le chaos.

Situation similaire dans les bidonvilles de Nairobi. Principalement à Mathare, au nord de la capitale. Deux personnes y ont perdu la vie sous les balles de la police aujourd’hui.

Les internautes kényans craignent un bain de sang

Faire appel à la loi plutôt qu’à la rue : le message revient très souvent depuis ce mercredi matin sur les réseaux sociaux. Les internautes appellent en fait Raila Odinga à choisir la voie la plus pacifique. Ils craignent évidemment le bain de sang.

Rachel écrit sur Facebook : « Prêchez la paix et non la guerre. Nous ne pouvons pas revenir aux jours sombres où nous nous sommes tournés les uns contre les autres. Car vous avez refusé d’accepter les résultats. Allez à la cour ». Référence aux violences de 2007, quand Raila Odinga avait dénoncé les résultats du scrutin. Il le fera aussi 6 ans plus tard.

Un twittos, qui se présente comme un partisan, prévient son candidat qu’il a fait son seul devoir, voter, mais qu’il ne faut plus compter sur lui pour manifester.

Cette situation, de nombreux Kényans semblent s’en être lassés. Kakembo attend par exemple avec impatience le jour où un leader d’opposition africain acceptera sa défaite à une élection. Raila Odinga a aussi évidemment ses supporters indéfectibles sur les réseaux sociaux, mais eux aussi l’appellent à la retenue, au moins le temps du décompte des procès-verbaux.

Avec Rfi


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