Israël n’a jamais été dans une position diplomatique aussi solide

Publié par Olga Ishimwe
Le 23 juillet 2017 à 05:12
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Je me garderai bien de dire que le discours prononcé par Emmanuel Macron lors du soixante quinzième anniversaire de la Rafle du Vélodrome d’hiver à Paris marquera une inflexion de la politique française vis-à-vis d’Israël. Emmanuel Macron a prononcé quelques paroles fortes, et c’est bien. Ce qui est consternant est qu’aucun président français ne les ait dites avant lui.

Macron a invité Benyamin Netanyahu à prendre part aux commémorations ; il l’a accueilli chaleureusement, s’est montré intéressé par la coopération économique entre Israël et la France en matière de hautes technologies, et c’est très bien là encore. Mais on sait que l’amitié que les présidents français manifestent à l’égard d’Israël s’est avérée vite réversible dans le passé. Et cela ne peut effacer cinquante années de politique arabe de la France et l’absence d’avis de la France sur les résolutions votées par l’UNESCO à Cracovie, où la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple et le Kotel ont été définis à nouveau comme des sites “palestiniens” menacés, tout comme la vieille ville d’Hébron et le Caveau des Patriarches.

La France de Macron ne “connaît” toujours pas l’histoire du peuple juif et semble penser qu’il y avait des “Palestiniens” au Proche-Orient il y a deux et trois mille ans. L’invitation de Binyamin Netanyahu ne peut effacer non plus la récente réception du chef terroriste Mahmoud Abbas à l’Elysée et l’accolade aimante que Macron a réservée au chef terroriste susdit. Je ne crois pas que Binyamin Netanyahu se fasse beaucoup d’illusions sur la France. Il se comporte diplomatiquement. Je vais revenir sur le sujet dans un article de fond.

Les bonnes nouvelles pour Israël sont à chercher ailleurs qu’en France, où l’opinion de la population concernant Israël reste très majoritairement négative (le contraire serait étonnant vu ce qui se dit sur Israël dans les media français).

Les liens que Binyamin Netanyahu a noués avec plusieurs pays d’Afrique ces dernières années sont très importants. Les relations établies avec l’Inde et avec le Premier ministre Narendra Modi sont cruciales et essentielles : l’Inde sera un acteur majeur du développement économique de l’Asie, des synergies fructueuses vont prendre forme, et l’Inde est un pays où on comprend parfaitement les dangers de la violence islamique, et où personne n’attribuerait celles-ci au “changement climatique”. Dois-je le noter ? Narendra Modi n’a pas donné la moindre accolade à Mahmoud Abbas. Il n’a pas même jugé utile de se rendre à Ramallah, et a refusé d’aller s’incliner sur la tombe de Yasser Arafat.

Binyamin Netanyahu poursuit sa stratégie en Europe centrale où se situent des pays qui ont un passé antisémite, mais où, comme en Inde, on comprend les dangers de la violence islamique et on est donc conscient des agressions constamment subies par Israël. Les pays du groupe de Visegrad (Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Pologne) seront des alliés utiles d’Israël dans un contexte où l’Union Européenne est de plus en plus marquée par des penchants anti-israéliens.

Pendant que d’aucuns insistent encore sur la querelle vaine que des mouvements juifs de gauche américains ont cherché à Binyamin Netanyahu concernant l’accès au Kotel et les conversions au judaïsme, Binyamin Netanyahu pouvait sourire. Car il savait que bien au-delà des Juifs de gauche américains, il pouvait compter sur un appui solide et massif au sein de la société américaine. Celui des mouvements conservateurs et celui des chrétiens évangéliques, qui ont un poids considérable aux Etats-Unis.

La principale association chrétienne évangélique de soutien à Israël aux Etats-Unis s’appelle Christians United For Israel (CUFI). Elle vient de tenir son congrès annuel à Washington. Binyamin Netanyahu a envoyé un message chaleureux aux participants de ce rassemblement. Mike Pence, vice-président de Donald Trump, est très proche de CUFI. Donald Trump lui-même soutient CUFI.

Et Binyamin Netanyahu le sait : les Etats-Unis n’ont jamais eu un président aussi proche d’Israël que Donald Trump.

Binyamin Netanyahu sait aussi que l’alliance avec les pays sunnites amorcée à Riyad sous l’égide de Donald Trump prend peu à peu consistance. Peu de gens dans le monde francophone savent les liens étroits entre les services de renseignement israéliens et égyptiens, et un nombre de gens plus faible encore sait qu’il existe un ambassadeur d’Arabie Saoudite pour Israël, le prince Al-Waleed Bin Talal. Celui-ci a déclaré en prenant ses fonctions il y a quelques mois : “Je suis fier d’être le premier ambassadeur saoudien dans ce beau pays. Israël est un îlot de stabilité dans l’une des zones les plus troublées du monde”.

Contrairement à ce que d’aucuns affirment, qui prennent leurs fantasmes pour la réalité parlant de l’isolement d’Israël en soulignant les motions votées à l’UNESCO ou à l’ONU, devenus des cloaques antisémites nauséabonds dont tout pays civilisé devrait se retirer, et contrairement à ceux qui se délectent des émeutes et des meurtres abjects et lâches commis par des terroristes « palestiniens », l’Etat d’Israël n’a jamais été dans une position diplomatique aussi solide. Binyamin Netanyahu y est pour beaucoup.

Quand des livres seront écrits plus tard sur l’histoire d’Israël, ce sera dit et souligné, j’en suis certain.


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