Inkotanyi : Un cinéaste immortalise la lutte pour la libération du Rwanda

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Le 9 juillet 2017 à 04:45
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Le film de Christophe Cotteret s’ouvre sur ce triptyque avant d’évoquer la genèse d’un mouvement insaisissable qui fascine autant qu’il irrite. Rien ne prédestinait ce réalisateur français résidant à Tunis, déjà auteur de deux films sur la « révolution de jasmin », à devenir le mémorialiste de cette rébellion née en Ouganda en décembre 1987.

Ce qui l’a poussé a réalisé ce Chef d’Œuvre

« Une amie m’avait suggéré de venir assister à la 20e commémoration du génocide, en avril 2014. M’intéressant aux périodes de transition, j’ai cherché à en savoir plus sur les Inkotanyi. Et je me suis rendu compte qu’aucun livre ni aucun film sur ce mouvement n’existait », résume-t-il.

Christophe Cotteret se rapproche alors de la présidence de la République. Il récolte un feu orange, ce qui, au Rwanda, vaut approbation : « On m’a dit : “OK, on ne t’empêchera pas de le faire.” » Tout au plus devra-t-il patienter : Au bout de deux ans il a pu interviewer Paul Kagame – par ailleurs président du Front patriotique.
Discipline et culture politique

Avec d’autres témoins, célèbres ou anonymes, ces personnalités retracent l’épopée d’une génération de Rwandais tutsis contraints à l’exil alors qu’ils étaient encore enfants et qui ont choisi de prendre les armes. Avant de faire du pays des Mille Collines – paysage d’apocalypse au lendemain du génocide – l’un des laboratoires les plus prometteurs du continent.

« Ce qui m’a frappé, c’est l’incroyable niveau de discipline qui règne au sein de ce mouvement, où rien n’est laissé au hasard, témoigne Christophe Cotteret. C’est aussi la richesse de sa culture politique, qui puise aussi bien aux sources du marxisme, du libéralisme que du panafricanisme, proposant une synthèse avant tout pragmatique. »

Inkotanyi n’est pas une hyperbole qui peint les fondateurs et les soldats du FPR comme divin, le documentaire raconte aussi la douleur, les défaites de ces grands hommes, après la mort du chef du mouvement, Fred Gisa Rwigema.

C’est à la suite de sa mort, le 2 octobre 1990, le mouvement était sans commandant, ce qui a facilité le gouvernement génocidaire à les repousser.

Ce n’est qu’après le retour du président Paul Kagame des États-Unis, de ses études, que les soldats avaient un chef de file, ont été de nouveau motivés et ont repris le terrain qu’ils avaient précédemment perdu.


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