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Génocide rwandais : la résilience d’une rescapée après le cauchemar

Redigé par IGIHE
Le 8 avril 2017 à 12:08

La 23ème commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda ont débuté vendredi 7 avril. La période deuil s’étendra sur 100 jours, comme la durée des massacres de 1994 déclenché par le régime extrémiste hutu de l’époque et perpétrés par une grande partie de la population.
Vingt-trois ans après, la douleur est toujours vive pour les rescapés du génocide qui a fait environ 800 000 morts et des centaines de milliers d’orphelins. Rencontre avec Sylvie Mukankubana, 23 ans, une des rescapés du génocide, lors de cette (...)

La 23ème commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda ont débuté vendredi 7 avril. La période deuil s’étendra sur 100 jours, comme la durée des massacres de 1994 déclenché par le régime extrémiste hutu de l’époque et perpétrés par une grande partie de la population.

Vingt-trois ans après, la douleur est toujours vive pour les rescapés du génocide qui a fait environ 800 000 morts et des centaines de milliers d’orphelins. Rencontre avec Sylvie Mukankubana, 23 ans, une des rescapés du génocide, lors de cette première journée de commémoration.

Parée d’une petite veste, d’un jean et de ballerines rouges, Sylvie vient de participer à la « marche du souvenir », organisée vendredi 7 avril, pour le premier jour des commémorations.

Au milieu de la foule, elle assure se sentir « entourée et forte ». La jeune rwandaise avait trois mois lorsque le génocide a éclaté. Les massacres ont emporté ses deux parents et la majorité de sa famille. Elle a été miraculeusement sauvée par une voisine avant d’être confiée à un orphelinat.

Si Sylvie a été prise en charge par le gouvernement et a pu faire des études, le drame a marqué son enfance. « Quand tu vois les parents qui rendent visite à leurs enfants à l’internat et que pour toi il n’y a personne, tu te sens un peu seule au monde », témoigne-t-elle.

Seule, au lendemain du génocide, Sylvie a dû trouver sa place dans une société profondément meurtrie. « On se demandait souvent comment on pouvait vivre avec les enfants de ceux qui ont tué nos parents, les membres de nos familles. On était honteux, on était peureux », raconte-t-elle.

Depuis, Sylvie a fini ses études universitaires et a parcouru beaucoup de chemin. Elle assure avoir même réussi à pardonner aux assassins de sa famille. Une démarche qui selon elle s’est imposée comme une nécessité : « Quand tu es toujours blessée à l’intérieur et que tu ne peux rien faire... Je ne pouvais pas les tuer en retour. Je me suis donnée la paix. »

Résolument optimiste, Sylvie dit avoir confiance en l’avenir, le sien et celui de son pays.

Avec rfi.fr


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