Des étudiants de l’Université de Takushoku visitent le site mémorial de Ntarama

Publié par IGIHE
Le 22 août 2017 à 03:45
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Accompagné du prof. KAI Nobuyoshi, ce lundi 21 août 2017, un groupe de 16 étudiants de la Faculté des Etudes Internationales de l’Université de Takushoku au Japon vient de visiter le site mémorial du Génocide de Ntarama dans le district de Bugesera.

Chaque année, un groupe d’étudiants dirigé par le prof. KAI Nobuyoshi arrive au Rwanda pour visiter différents sites mémoriaux du Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 afin de mieux comprendre du pays.

L’employé de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), Innocent Ruzigana qui les a accueillis au mémorial, en leur expliquant l’histoire du Génocide perpétré contre les Tutsi, en particulier dans le secteur de Ntarama.

Le site mémorial du Génocide de Ntarama est situé dans le district de Bugesera, province de l’Est. L’église de Ntarama a été transformée en un mémorial du Génocide le 14 avril 1995 et est dédiée aux 5 000 personnes qui ont été tuées à l’intérieur de l’église, dans la cuisine des prêtres, dans le bâtiment de l’école du dimanche et dans le jardin de l’église.

Ntarama, 1994

Le 6 avril 1994, dans les heures qui ont suivi le décès du président Juvénal Habyarimana (1973-1994), les meurtres de Tutsi ont débuté à Kigali. Le 7 avril, les maisons des Tutsi ont été incendiées à Ntarama, avec une certaine résistance. La milice Interahamwe de Ntarama a appelé des renforts d’autres milices basées dans le Bugesera et, lorsqu’elles furent amassées, elles ont attaqué les Tutsi vivant à Ntarama, qui ont fui dans les enceintes de la paroisse catholique du coin le 9 avril.

Comme pour beaucoup de Tutsis à travers le pays, ils croyaient qu’ils seraient en sécurité dans l’enceinte de l’église, parce que lors des massacres précédents, les assaillants avaient respecté les sites religieux.

Le 13 avril 1994, la milice Interahamwe sous la direction de François Karera, alors préfet de l’ancienne préfecture de Kigali rural, a mené un recensement des Tutsi à l’église de Ntarama. À la fin du compte, ils ont dit aux Tutsi qu’ils voulaient qu’ils restent ensemble afin que le gouvernement puisse garantir leur sécurité. Il s’agissait d’une stratégie cohérente avec des mesures prises dans d’autres endroits du Rwanda et avait pour but de rassembler ceux qui se cachaient.

Le 15 avril, les soldats et les milices Interahamwe sont retournés à l’église Nyamata et ont commencé une attaque coordonnée et systématique contre environ 5 000 Tutsi qui s’y trouvaient.

Les premières attaques ont impliqué des soldats et des milices Interahamwe armés d’armes à feu et de grenades. Vers es heures avancées de ce jour-là, les Interahamwe sont entrés dans l’église et ont utilisé des machettes et d’autres armes traditionnelles pour achever ceux qui étaient encore en vie.

Les attaques ont été particulièrement violentes à l’église de Ntarama, même dans le contexte du Génocide plus vaste qui se déroulait. Certains ont été torturés jusqu’à ce qu’ils meurent, les ventres des femmes enceintes ont été coupés ouverts alors que les Interahamwe disaient qu’ils voulaient voir à quoi ressemble un bébé Tutsi non encore né.

Dans le bâtiment de l’école du dimanche, les enfants étaient brisés contre les murs ; les tueurs disaient qu’ils ne voulaient pas gaspiller leurs balles.

L’attaque a été menée par François Karera qui commandait les soldats et les Interahamwe ainsi que des groupes de Hutu civils.

Le 30 avril 1994, les attaques ont été dirigées vers la rivière Akagera. Beaucoup de Tutsi, y compris ceux qui avaient survécu ou échappé aux attaques de Ntarama, s’étaient cachés dans les marais voisins cachés dans des papyrus. Les Interahamwe ont fouillé les marais, en utilisant souvent des chiens pour identifier ceux qui s’y cachaient qu’ils tuaient ou noyaient.

Le Génocide à Bugesera a pris fin le 14 mai 1994 lorsque des soldats du FPR Inkotanyi sont arrivés à Nyamata.


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