Bosco Ntaganda tente d’offrir une image ’plus humain’, lors de son procès devant la CPI

Publié par Olga Ishimwe
Le 16 juin 2017 à 07:00
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C’était un témoignage très attendu , celui de l’ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda. Près de deux ans après l’ouverture de son procès, celui qui a souvent été surnommé « Terminator » devait prendre la parole mercredi 14 juin pour la première fois devant la Cour pénale internationale, pour donner sa version des faits.

L’homme, qui a servi dans les rébellions rwandaises et congolaises, est accusé de treize crimes de guerre et de cinq crimes contre l’humanité dont meurtres, pillages, attaques contre des civils, viols et esclavage sexuel, commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo. Bosco Ntaganda, qui plaide non coupable, a donc été entendu devant le juge de la CPI pour la première fois.

Costume sombre et cravate bleue, c’est d’un air assuré que Bosco Ntaganda rejoint la place des témoins face aux juges.

Après qu’il ait prêté serment en swahili, son avocat l’interroge. Son âge, son lieu de naissance, sa religion ? une femme ? des enfants ? Son avocat semble vouloir dresser le portrait le plus détaillé possible de l’ex-chef rebelle. Revenir aussi sur le contexte dans lequel Bosco Ntaganda rejoint pour la première fois un groupe armé.

C’était en 1990, lorsque le Front patriotique rwandais, rébellion tutsi, lance son offensive contre Kigali. Bosco Ntaganda vit alors dans l’est de la RDC et n’a que 17 ans. « J’étais encore étudiant, raconte l’ancien chef de guerre, la situation a commencé à changer dans toute cette partie rwandophone, là où nous vivions. Nous avons appris que tous les tutsis seront tués. Lorsque nous avons entendu qu’il y avait des machetes qui venaient (pour tuer des Tutsis), tous ceux qui étaient forts ont pris la décision de rejoindre l’armée pour éviter d’être massacrés ! »

Petit à petit, au fil de questions qui semblaient plutôt ennuyeuses, on voit se dessiner la stratégie de la défense : dresser un portrait le plus humain possible de l’ex-chef rebelle. L’avocat de Bosco Ntaganda l’avait d’ailleurs annoncé. Le témoignage de son client doit servir à ce que les gens le perçoivent comme un être humain. Car, pour sa défense, depuis le début le procureur n’a présenté qu’une version tronquée de ses faits d’armes, faisant l’impasse notamment sur tout le contexte régional dans lequel les attaques et les massacres ont eu lieu.

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Avec Rfi


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