Belgique : premier rendez-vous judiciaire pour Salah Abdeslam

Redigé par Franck Alexandre
Le 5 février 2018 à 08:45

Ce lundi 5 février s’ouvre à Bruxelles le procès du seul survivant des commandos des attentats parisiens de novembre 2015. Salah Abdeslam comparaît pour la fusillade qui a précédé son arrestation en mars 2016 dans une planque bruxelloise. A l’ouverture du procès Salah Abdeslam va retrouver dans le box des prévenus Sofiane Ayari, complice d’une cavale qui aura duré quatre mois.

Ce mardi 15 mars 2016, les policiers belges et français procèdent à une perquisition de routine, à Forest près de Bruxelles. Au mieux, ils pensent trouver des traces du passage des jihadistes ayant frappé Paris. Ils ne s’attendent donc pas, en pénétrant dans cette petite maison de brique, à essuyer des tirs nourris. Bilan : trois policiers blessés, un jihadiste algérien abattu et deux fugitifs qui s’échappent par les toits.

Dans cette planque, les enquêteurs découvrent onze chargeurs de kalachnikov, deux détonateurs mais surtout des empreintes : celles de Salah Abdeslam. Trois jours plus tard, les deux fugitifs sont arrêtés à Molenbeek, hébergés par des proches. Salah Abdeslam et son complice Ayari ont trouvé refuge chez des proches dans une cave.

Fin d’une cavale de quatre mois qui présente toujours de nombreuses zones d’ombre, disait Thierry Werts procureur fédéral de Belgique à l’issue des évènements : « on a trouvé ses empreintes à différents endroits, à Forest, à Schaerbeek ; il était caché, hébergé par une famille. Alors il est vraisemblalble que d’autres familles, d’autres amis, d’autre connaissances aient fait de même dans les mois qui ont précédé. Il est très probable qu’il changeait de lieu très régulièrement ».

Un procès ultrasensible qui a nécessité une organisation très particulière

Des semaines de tractations ont été nécessaires pour que les parquets belges et français s’accordent sur cette remise temporaire. Des solutions dictées par une exigence absolue de sécurité. Pour ces raisons, les autorités françaises ne souhaitaient pas qu’il soit détenu en Belgique.

Le temps du procès, Salah Abdeslam sera donc incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil dans le nord de la France et sera transféré chaque jour au palais de justice de Bruxelles, à 150 kilomètres de là, sous la protection des gendarmes d’élite du GIGN. A la prison, Salah Abdeslam sera détenu dans les mêmes conditions qu’à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis : un isolement complet, dans une cellule de 9 mètres carrés avec vidéosurveillance. Sont aussi prévues une cellule de secours et une salle de sport. Une organisation exceptionnelle et millimétrée pour le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre.

Salah Abdeslam va-t-il garder le silence ?

Face à son mutisme, Sven Mary, son avocat belge avait fini par jeté l’éponge. Puis, en décembre dernier il a finalement accepté de revenir à ses côtés d’où le renvoi du procès pour préparer cette défense. Du côté français, Franck Berton l’avocat du terroriste, a également renoncé car, depuis plus d’un an, Salah Abdeslam semble s’enfoncer dans un enfermement mental. Il ne parle plus, et Franck Berton craint le pire.

Il l’expliquait il y a quelques mois : « Nous savons et nous avons la conviction et il nous l’a dit ! Il ne s’exprimera pas et il appliquera ce que l’on appelle le droit au silence. On en a fait un exemple, un rat, il ne dira plus rien ». L’administration pénitentiaire de Fleury-Mérogis s’est récemment inquiétée de la dégradation de son état psychologique.

Le maintien de la détention de Salah Abdeslam sur le territoire français permettra donc de s’adapter en temps réel aux aléas de ce procès et à l’état mental du seul survivant des attentats parisiens.


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