Afrique du Sud : toujours le suspense autour de la succession de Jacob Zuma

Redigé par RFI
Le 18 décembre 2017 à 07:01

Les délégués du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, doivent élire dans la soirée un successeur à Jacob Zuma, à deux ans de la présidentielle. Les résultats ne seront probablement pas connus avant lundi matin au plus tôt. La question très polémique des accréditations a finalement pu être réglée. On connaît maintenant le nombre exact de délégués inscrits pour le vote : ils sont 4 776. Et il faudra donc au moins 2 389 voix pour qu’un candidat l’emporte.

Le vote devrait commencer dès ce dimanche après-midi, maintenant que la question épineuse des accréditations des délégués est réglée.

Il faut bien rappeler que cette élection risque de se jouer sur le fil. Les deux candidats, Cyril Ramaphosa et Nkosazana Dlamini Zuma sont au coude-à-coude. La commission électorale mandatée par l’ANC a donné de nouveaux chiffres dimanche, maintenant que toutes les irrégularités ont été corrigées : Cyril Ramaphosa a toujours une bonne longueur d’avance, avec le soutien de 1400 branches locale du parti, contre 1000 pour sa rivale Nkosazana Dlamini Zuma. Du coup, le moindre soupçon de fraude, la moindre accusation de tricherie peut faire dérailler la conférence de l’ANC.

Les différentes branches locales de l’ANC devaient faire valider le nombre de votants qu’elles présentent à cette conférence, un processus qui peut prêter à contestation, puisque chaque camp essaie évidemment d’avoir le plus de soutiens possibles.

Finalement, la remise des accréditations a été bouclée en fin de matinée. Plusieurs branches ont effectivement été disqualifiées, une étape nécessaire pour renforcer la légitimité du vote.

Le scrutin à bulletin secret devrait donc avoir lieu ce dimanche en fin d’après-midi, et les résultats pourraient être annoncés demain matin.

Un soutien de poids pour Cyril Ramaphosa

Une fois de plus, il est très difficile de savoir quelle sera l’issue de ce vote. Mais pour le moment, Cyril Ramaphosa semble avoir pris l’ascendant psychologique.

Hier soir, tard dans la soirée, la présidente de l’Assemblée nationale sud-africaine, Baleka Mbete, a apporté son soutien officiel au vice-président. Elle a estimé qu’il est le candidat naturel pour mener l’ANC aux élections de 2019 et le seul à pouvoir garantir l’unité du parti. C’est un bon point pour Cyril Ramaphosa puisque les voix des plus hauts cadres du parti vont peser lourd dans cette élection.

Mais il reste de nombreuses inconnues : difficile de savoir ainsi pour qui penchaient les branches locales qui ont été exclues du vote. Les voix des vétérans, de la Ligue des femmes de l’ANC, et de la Ligue de jeunesse de l’ANC seront également déterminantes dans l’issue de ce scrutin.

Et à part la présidente de l’Assemblée nationale, aucun autre membre de l’exécutif de l’ANC n’a pour l’instant pris officiellement position pour l’un ou l’autre candidat.

Deux candidats sont également en lice également pour le poste de vice-président de l’ANC. Le favori s’appelle David Mabuza, gouverneur de la Province du Mpumalanga et soutien de Nkosazana Dlamini Zuma. Face à lui, Lindiwe Sisulu, la ministre du Logement, qui a rejoint la campagne de Cyril Ramaphosa.


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