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Répérer le harcèlement au travail
Publié le 28-01-2013 - à 22:51' par Laurence Ravier Psychologie.com

La souffrance au travail est un véritable problème aujourd’hui. Avant que des hommes et des femmes ne s’effondrent, victimes de burn-out dû au harcèlement, comment prévenir et stopper ce processus ?

Réponses avec Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste, qui a publié HARCÈLEMENT MORAL, LA VIOLENCE MORALE AU QUOTIDIEN.

Comment définissez-vous le harcèlement moral au travail ?

Pour moi, le harcèlement moral au travail se définit par une conduite abusive (des gestes, des paroles, des attitudes, des comportements...) qui porte atteinte, par sa répétition et sa systématisation, à la dignité, ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne. Une conduite qui va dès lors mettre en péril l’emploi de cette personne ou dégrader le climat de travail.

Il est important de différencier le harcèlement moral du stress, ou de l’agression ponctuelle, ou bien encore de mauvaises conditions de travail générales à l’entreprise.

Le harcèlement moral comporte des caractéristiques bien précises :
- les attaques sont le plus souvent individualisées. Elles visent une personne en particulier, et toujours la même.
- ces attaques se répètent sans cesse.
- elles ne concernent généralement pas la qualité du travail de la personne harcelée, mais son intimité : c’est l’être qui est pris à partie, pas son savoir-faire.
- enfin, le propre du harcèlement moral, c’est qu’il n’y a pas deux interlocuteurs divisés par un conflit, il y a un dominant et un dominé, et surtout aucune raison objective à ce soudain déferlement de mépris, voire de haine.

Le “harceleur” ne dit jamais à sa victime ce qu’il lui reproche, pour la bonne raison que ces reproches sont la plupart du temps indicibles. Le harcèlement naît le plus souvent de problème de jalousie, de rivalité, ou de secrets cachés dans une entreprise (détournements, malversations...) que certains ont le malheur d’approcher d’un peu trop près.

Tout le monde peut-il être un jour harcelé moralement au travail ?

Je pense que n’importe qui peut en être victime un jour, quelle que soit sa structure de personnalité.

Mais certains sont plus armés que d’autres pour se défendre : notamment les personnes qui ont une réelle confiance en elles-mêmes et qui peuvent s’appuyer sur un environnement familial et amical solide et sécurisant.

Les personnes visées sont le plus souvent celles qui ont beaucoup investi dans leur travail et qui sont conscientes de bien faire. Ou celles qui ont un profil différent des autres, de par leur trop grande aisance, leur forte personnalité voire leur couleur de peau ou leur sexualité.

Ces individus gênent certains.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les “harceleurs” ne visent pas forcément quelqu’un pour ses faiblesses mais plus pour sa non-conformité. Ils appliquent dès lors un dicton japonais que je trouve très explicite : “le clou qui dépasse rencontrera le marteau”.

Ils vont alors s’employer à isoler leur victime par tous les moyens possibles pour ensuite l’agresser continuellement, sans raison aucune. Et c’est cette absence de raison qui fait rapidement perdre pied. L

a personne harcelée ne comprend pas ce qui lui arrive, tente de trouver un sens aux attaques mais n’obtient jamais de réponse. Elle finit par douter d’elle-même, ne sait plus ce qui est normal ou non dans le comportement des autres et dans le sien.

L’engrenage est malheureusement très rapide.

Comment se sortir de telles situations ?

Il est important de réagir très vite car plus la situation de harcèlement perdure, plus les conséquences en seront traumatiques et profondes, et plus la victime aura du mal à s’en remettre.

Le harcèlement procède de manière très insidieuse, mais il allume tout de même quelques clignotants sur son passage. Il faut repérer les comportements, les gestes ou les paroles qui agressent, et ne pas les laisser passer.

Le plus souvent, la personne harcelée préfère les oublier, parce qu’elle ne les comprend pas ou parce qu’elle en a honte (attitude fréquente dans les cas de harcèlement sexuel).

Il faut verbaliser ces agressions, en parler à son entourage afin de ne pas laisser l’isolement s’installer. Tout ce qui ne semble pas normal doit être dit.

Et si le sentiment de se sentir victime apparaît, il faut réagir. Il est souvent utile d’affronter la personne qui agresse en lui demandant des explications : si elle admet que quelque chose ne va pas, cela devient un conflit entre deux personnes que l’on pourra régler. Si elle nie, mais continue par la suite d’attaquer, c’est du harcèlement.

Dans ces cas-là, il est très important de parler, si possible à quelqu’un à l’intérieur de l’entreprise, ou à l’extérieur. Il faut contacter l’inspection du travail, un juriste ou un syndicaliste.

Afin de mieux se défendre, je conseille également à toute personne harcelée, de noter jour après jour les agressions dont elle est victime.

Et si cette personne est profondément déstabilisée, elle doit se faire prendre en charge sur un plan psychologique et médical.

juillet 2009

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

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