Grève des enseignants en Guinée : 3 heures de discussion pour sortir de la crise

Publié par Olga Ishimwe
Le 16 février 2017 à 01:42
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Le président guinéen, Alpha Condé, a reçu hier, mercredi 15 février, au palais présidentiel les syndicalistes des professionnels de l’enseignement, en grève depuis le 6 février, pour des negociations de sortie de crise. Une crise qui paralyse complètement le système éducatif guinéen, où toutes les écoles ont été fermées.

Rien ou presque n’a filtré au terme de la rencontre d’un peu plus de trois heures au palais présidentiel. Elle réunissait les protagonistes, gouvernement et syndicats d’une part, témoins et personnes ressource d’autre part. Des échanges très précis se sont tenus, a rapporté le porte–parole du gouvernement, Albert Damantang Camara à l’issue de la réunion. « Chacune des parties a été appelée à trouver des approches et à consulter sa base ».

Les débats se sont déroulés dans une ambiance bon enfant, confie un représentant d’une organisation patronale, invité dans la salle de négociation. Néanmoins les syndicalistes attendent pour se prononcer la grande rencontre de restitution annoncée pour ce jeudi à 12h locales et TU, au terme de laquelle les Guinéens sauront si la grève est levée ou pas.

« C’est un compte rendu que l’on fera, pas une assemblée en tant que telle. On rend compte à la base : nous sommes investis de la confiance des enseignants de Guinée ; on ne peut pas lever un mouvement de grève sans demander leur avis. Il faut qu’on partage cet avis. Il y a eu des avancées, des propositions », explique à RFI Amara Baradou Keïta, secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation.

Depuis le 6 février dernier, l’intersyndicale de l’éducation a déclenché un mouvement de grève illimité et très largement suivi dans tout le pays. Leur principale revendication ? Le retrait ou la modification de la grille indiciaire qui rétrograde les fonctionnaires, et dans certains cas baisse les salaires. Des syndicats sollicitent une contractualisation de certains qui enseignent depuis des années. D’autres réclament le paiement d’arriérés de salaire. Mais tous s’accordent sur un point : la précarité des enseignants.

« Les salaires sont minables »

Au premier étage d’un immeuble vétuste hérité de la colonisation, Mohamed Diallo entre dans son ancien logement. Il est professeur de biologie depuis 10 ans. Il a vécu plusieurs années dans ce vieil appartement. « Il faut trouver d’autres boulots, aller dans le privé pour joindre les deux bouts, parce que le salaire est minable ! », raconte l’enseignant. Actuellement, Mohamed Diallo est payé 1 900 000 francs guinéens, soit un peu moins de 200 euros.

Avec rfi.fr


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