23ème Commémoration du génocide des Tutsi : Bilan d’une société ressoudée

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 8 avril 2017 à 06:16
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Ce vendredi 7 avril 2017, au Mémorial de Génocide de Gisozi, il s’est déroulé une cérémonie de commémoration du génocide différente des précédentes commémorations.

Le Président Paul Kagame était l’invité d’honneur en compagnie du Tchadien Moussa Fakir Mahamat, Président de l’Union africaine.

Une place est aménagée pour des allocutions.

Un parterre est aménagé au sein du Mémorial où des dignitaires du régime, des invités et le corps diplomatique en place à Kigali sont assis patiemment pendant que le Président Paul Kagame et la Première Dame, son hôte Mahamat Fakir, le Président d’Ibuka déposent leurs gerbes de fleurs sur les tombes du Mémorial où reposent 250.000 âmes.

Des orateurs se succèdent l’un et l’autre réfléchissant sur cette apocalypse qui s’est abattue sur le Rwanda il y a 23 ans.

Le Prof Anastase Shyaka, PDG de RGB/Rwanda Governance Board, le premier orateur annonce que cette 23ème commémoration du génocide des Tutsi de 1994 est placée sous le slogan de Mémoire du Génocide et Maintien des progrès réalisés tout au long de ces 23 ans de l’après génocide. Il place la sécurité au rang de patrimoine national qu’on doit garder jalousement.

Parlant de ces réalisations, le prof Shyaka loue la formule du consensualisme politique comme mode de gouvernance de l’arène politique rwandaise. "A part un appétit démesuré du pouvoir, il y a de la place pour tous et pour chacun. La table du festin est suffisamment grande pour tous", a-t-il dit avant de pointer son doigt dans la plaie du Rwanda, le défi de l’idéologie du génocide à extirper.

Le professeur montre indirectement que beaucoup de réalisations sociales et juridiques ont concouru à une réconciliation de la base communautaire. Il dit qu’ "avant 1994 trois rwandais sur quatre vivaient en deça du seuil de pauvreté alors qu’actuellement 2 sur 3 Rwandais ont émergé de ce seuil". Plus loin il montrera que les juridictions Gacaca ont bien renforcé la réconciliation des Rwandais avec 50.000 Rwandais qui ont servi leurs peines sous forme de TIG/Travaux d’Intérêt Général, qu’à ce jour 90% d’entre eux ont terminé leurs peines et sont rentrés dans leurs foyers.

Au tour du visiteur de marque, Moussa Mahamat Fakir, de prendre la parole. Il loue la grandeur d’âme du Président Paul Kagame, Commandant en Chef de l’Armée Patriotique Rwandaise, qui n’a pas du tout voulu souscrire à la vengeance face aux bourreaux..."Je suis parmi des millions d’hommes et de femmes qui ont de la grande estime pour vous ; vous qui n’avez pas manifesté l’esprit de veangence, qui, par contre, avez recommandé le pardon. Vous êtes un symbole de la reconnaissance africaine", a déclaré le Président de l’Union Africaine faisant des louanges au Commandant en Chef des armées libératrices du Rwanda en 1994.

Mahamat ne tarit pas d’admiration du Président Paul Kagame pour la sagesse qu’il a usée afin de redresser un Etat rwandais en faillite en 1994 pour en faire un modèle de développement africain.

Il se demande dans quel métal est fait cet homme d’Etat.

"A voir votre silhouette (longiligne), vous êtes un alliage d’autres matériaux que n’ont pas d’autres hommes", a-t-il dit s’adressant à Kagame et provoquant des rires étouffés dans le public rassemblé dans ce Mémorial qui ne voulait pas réveiller les morts.

"L’histoire doit retenir ce drame qui doit être enseigné à nos enfants et faire ressortir la cruauté et la sauvagerie avec lesquelles il a été consommé par les criminels. Ce génociode doit être remémoré en Afrique pour éviter sa banalisation, le négationnisme et le révisionnisme", a-t-il conclu montrant qu’une certaine volonté politique africaine est en marche pour remodeler les manuels de l’histoire de l’Afrique contemporaine pour y insérer l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994.

Le Discours de Paul Kagame , très chargé d’électricité comme à l’accoutumée dans ces circonstances, s’en prend contre "ceux-là qui ne veulent pas reconnaître leurs responsabilités dans ce génocide et ceux-là qui se perdent dans des tentatives inutiles et insultantes de définir ce qui s’est passé au Rwanda en 1994".

Il a néanmoins cité comme ayant fait un acte de courage l’église catholique qui, après des décades d’indécisions et de faux-fuyant, a finalement demandé pardon pour sa responsabilité dans le génocide des Tutsi. Il a, de ce fait, invité d’autres anciens acteurs dans ce génocide à faire montre d’acte de couragte et de reconnaître leurs torts.


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